Le saviez-vous ?

Bernard Lama, ancien (et éminent) portier des Bleus, a évolué au LOSC. En 1981, tout juste sorti de l’adolescence, la “panthère“ arrivait de Guyane et atterrissait au centre de formation lillois. Pour Go LOSC ! le champion du monde 98 évoque avec joie ses huit saisons passées chez les Dogues. Entretien sur le fil... de l’émotion.

Quels souvenirs gardez-vous du club ?

Ah, le LOSC (silence nostalgique)... Je garde de grands souvenirs de cette période capitale dans ma carrière, mais aussi dans ma vie d’homme. C’est à Lille que tout a vraiment commencé pour moi. Je me suis marié à Lille, mon fils y est né, mes meilleurs amis sont nordistes… Toute une partie de moi se trouve là-bas.

Votre arrivée au LOSC, vous nous en parlez ?

J’ai été repéré à l’âge de 16 ans et demi durant la coupe nationale cadets. Un jour, Charly Samoy (ancien dirigeant du LOSC) est venu rencontrer mes parents en Guyane. Mais là, ça a coincé...

Vous pouvez nous dire pourquoi ?

C’est très simple : mon père n’envisageait pas autre chose que les études pour son fils ! Le foot, à ses yeux, ça ne devait rester qu’un loisir. Déterminé, j’ai donc passé mon bac, attendu ma majorité, puis j’ai rallié Lille.

Pour un tout jeune Guyanais, débarquer seul en métropole ne doit pas être simple...

Oh, pas tant que ça, en fait. J’ai assumé jusqu’au bout ma décision. De toute façon, j‘étais déterminé à réussir. En réalité, le plus dur la première année… c’était le climat. L’hiver 81-82, je m’en souviens très bien : Il faisait -20°C ! Alors c’est vrai, j’ai été mis dans l’ambiance tout de suite (il éclate de rire).

Et sur le terrain, ça se passait comment ?

Après une première année au centre de formation, j’ai été prêté à Abbeville. Là-bas, ça ne s’est pas très bien passé, j’ai un peu dérivé. Avec le recul, je suis sûr que cette galère m’a permis de mûrir et de retrouver le droit chemin. Un prêt à Besançon plus tard, j’ai signé mon premier contrat pro au LOSC comme doublure de “Momote“ (Jean-Pierre Mottet) pendant deux ans. J’ai alors engrangé de la confiance, puis on m’a confié le brassard. C’est vraiment là que j’ai franchi un cap.

Un des meilleurs gardiens du football français prenait alors son envol. Avec le recul, que vous a appris le LOSC ?

Au-delà des bases solides que j’ai acquises, je dois dire que le Nord dans son ensemble m’a beaucoup apporté. Ma réussite n’aurait pas été la même si je n’avais pas débuté au LOSC. Dans ce club, il y a des valeurs de travail, de fidélité et de convivialité uniques. Je dois beaucoup à cette région, et je peux le dire : je me sens Ch’ti ! (long silence). Alors c’est vrai, ce n’est pas au LOSC que j’ai donné ma pleine mesure en tant que footballeur, mais c’est là que j’ai mis le pied à l’étrier et ça, je ne peux pas l’oublier.

Aujourd’hui, je suppose que vous gardez un œil attentif sur les résultats du club ?

Bien entendu, d’autant qu’au LOSC, je compte encore des amis comme Jean-Michel Vandamme. Finalement, quelque part, je n’ai pas l’impression d’être parti, même si le club a, depuis, beaucoup grandi !

Justement, cette progression, comment la jugez-vous ?

Je l’ai toujours affirmé, la métropole lilloise mérite un grand club. Aujourd’hui, elle est en passe de se doter d’un outil formidable avec le Grand Stade Lille Métropole. À Lille comme dans tout le Nord, il y a un vrai public de football. La région a besoin d’une grosse locomotive derrière laquelle se rallier. Et le LOSC peut être celle-ci. C’est en tout cas tout le mal que je lui souhaite !

Merci Bernard Lama.