Artisan des plus grandes cuvées nordistes sur la scène européenne, Matthieu Chalmé a clairement marqué l’histoire du LOSC entre 2002 et 2007. Pour Go LOSC !, ce Bordelais certifié Appellation d’Origine Contrôlée revient sur ses Millésimes classés grands crus sous le maillot des Dogues. Une interview à déguster avec modération.


Effectuons un flashback sur ta période lilloise : comment avais-tu vécu ton arrivée dans le Nord en 2002 ?

Comme une nouvelle vie qui commençait. Tu sais, je n’étais jamais sorti de mon cocon bordelais auparavant. Ce fut donc un nouveau départ pour moi. Avec ma future femme, nous avons pris la voiture et parcouru 900 kilomètres jusqu’à Lille. C’était un peu flippant, mais tellement excitant.

Comment se sont alors déroulés tes premiers pas à Lille ?

Nous avons reçu un très bel accueil. Tout a été fait pour que nous nous adaptions au plus vite. Tiens, je vais te raconter une anecdote marrante : un jour dans un magasin, j’ai demandé une poche pour mettre des brugnons. La vendeuse est restée sans voix car, dans le Nord, on dit un sachet et des nectarines. C’est tout bête, mais ce petit décalage linguistique Nord-Sud a pu donner lieu à quelques quiproquos.

J’imagine que les souvenirs se bousculent dans ta tête lorsque tu repenses à tes années lilloises. Mais si tu ne devais en retenir qu’un, ce serait lequel ?

(il réfléchit longuement) C’est trop difficile de trancher, beaucoup trop d’images me reviennent. J’ai vécu cinq années formidables au LOSC. De la signature de mon premier contrat pro à mes deux participations à l’UEFA Champions League en passant par ces victoires d’anthologie contre Manchester United (1-0) et l’AC Milan (0-2) ou notre titre de vice-champion de France 2005, on peut dire que j’ai connu des moments à jamais gravés dans l’histoire du club.

« Le fait de côtoyer des joueurs de haut niveau, d’accumuler des matches, m’a permis de mûrir et d’être mieux armé mentalement. De devenir un homme, en somme. »

Et humainement, qu’en retiens-tu ?

Une aventure exceptionnelle ! Dans le groupe, l’ambiance a toujours été au beau fixe. Il y a ceux qui sont encore là comme Debuch’, Yo Cabaye, Steph’ Dumont ou Nico Plestan, mais aussi les anciens, à l’image de Geoffrey Dernis, les deux Greg (Malicki et Tafforeau) ainsi que Rafa (Schmitz). En résumé, j’ai eu la chance de rencontrer des gens formidables avec lesquels je suis encore en contact aujourd’hui. Tous ensembles, nous avons contribué à faire grandir le club. Le Domaine de Luchin, le futur Grand Stade Lille Métropole : savoir que nous avons participé à tout ça reste une grande fierté, surtout avec les moyens relativement limités dont le club disposait à l’époque.

Avec le recul, qu’as-tu appris au sein du club nordiste ?

Le monde professionnel, tout simplement. Quand je suis arrivé, j’étais jeune, j’avais très envie de prouver. Même si je n’ai pas toujours été performant sur le terrain à mes débuts, je n’ai jamais lâché. C’est un peu mon trait de caractère principal : j’avais faim. Et sur ce point, je me suis régalé.

On peut donc affirmer que le LOSC t’a fait grandir ?

Exactement ! Grâce au club, j’ai acquis de l’expérience, j’ai pris de la bouteille, comme on dit. Le fait de côtoyer des joueurs de haut niveau, d’accumuler des matches, m’a permis de mûrir et d’être mieux armé mentalement. De devenir un homme, en somme. C’est d’ailleurs pendant mes années lilloises que je me suis marié et que je suis devenu père. Nés à Lille, mes enfants me le rappelleront toujours : je n’oublierai jamais cette période de ma vie. La réussite de ma carrière, je la dois en grande partie à mes cinq ans passés au LOSC.

Merci Matthieu Chalmé.