Franck, bonjour. L’an prochain, tu vas découvrir la Champions League, la compétition suprême pour tout footballeur ?

C’est extraordinaire ! Je ne réalise pas encore. On a eu la chance d’assurer notre accès direct en C1 début mai, après nos succès à Nancy (0-1) et Saint-Etienne (1-2). Mais derrière, on devait jouer la finale de la Coupe de France et le titre. On n’a donc pas eu trop le temps de se focaliser sur cette compétition magnifique. On se penchera davantage dessus en début de saison prochaine, notamment au moment du tirage au sort en août.

 

On en oublie presque que le LOSC a aussi participé cette saison à sa 7e campagne européenne en l’espace de dix ans. Ton avis ?

Cette deuxième aventure en Europa League nous a permis d’emmagasiner une bonne dose d’expérience qui nous a été utile dans la dernière ligne droite du championnat. On s’est fait sortir sur le fil par le PSV Eindhoven sur des erreurs d’inexpérience, car l’équipe alignée était très jeune au coup d’envoi. Le coach a dû effectuer un choix à un moment donné et la suite des évènements lui a donné raison. Cela a permis d’offrir du temps de jeu à ceux qui jouaient moins en Ligue 1 et au final, tout le groupe s’est senti concerné. Malgré tout, on a failli passer, la qualification ne s’est décidée que sur des petits détails.

 

Retour sur le début de saison 2010-2011. En championnat, vous avez démarré en douceur, avec quatre points pris à la fin du mois d’août...

C’est exact. Mais on a su monter progressivement en puissance. C’est là où on a appris des années précédentes. On n’avait pas envie de lâcher de points en route et on a su prendre ce qu’il y avait à prendre jusqu’à la trêve hivernale pour terminer champion d’automne.

Dans la deuxième partie du championnat, les caps de Lyon (1-1) et Marseille (1-2) de février-mars ont-ils été décisifs dans la conquête du titre ?

Bien sûr ! Sur ces deux matchs retour, l’objectif était de prendre quatre points. On a rempli notre mission, même si dans notre feuille de route, on s’imaginait plutôt prendre les trois points à domicile face à l’OL et ramener un nul contre l’OM. L’inverse s’est produit, cela nous allait très bien aussi.

 

Un petit mot justement sur cette fabuleuse victoire au Vélodrome (1-2) ?

Je dois dire qu’on s’est déplacé à Marseille avec beaucoup de sérénité. La pression était plus sur eux que sur nous. Ça s’est senti sur le terrain. La rencontre était assez ouverte et quand on avait le ballon, il y avait pas mal d’espaces. Puis il y a ce but d’Eden… Finalement, je me blesse, Pierrot (Frau) entre en jeu et inscrit le but vainqueur. Que dire de plus ? (il sourit)

 

Plus tard, après un bon nul à Lorient (1-1), vous perdez votre fauteuil de leader durant trois jours, alors que Marseille gagne son match en retard. Comment le vivez-vous ?

Honnêtement, la pression était portée sur l’entourage extérieur. On avait le sentiment d’avoir engrangé un bon point à Lorient, au regard de la physionomie de la partie. Mais on savait aussi que Marseille allait devoir se déplacer à son tour chez les Merlus et qu’il restait encore des matchs à jouer pour reprendre notre première position au classement. Il n’y avait rien d’alarmant et l’optimisme était de mise dans le groupe.

 

La preuve, avec votre victoire contre Arles-Avignon (5-0) tandis que l’OM perd à Lyon (3-2)...

Effectivement, même si l’important, c’est surtout d’avoir su réaliser une série de quatre victoires de suite : celle citée dans votre question au Stadium, puis les deux à l’extérieur, à Nancy (0-1) qui jouait son maintien et face aux Verts (1-2) alors en course pour une qualification en Europa League, et enfin contre Sochaux (1-0) dans un contexte particulier.

 

À ce propos, peux-tu nous raconter ce fameux match en retard contre les Sochaliens juste derrière la finale de la Coupe de France ?

C’est une rencontre qui est intervenue seulement quatre jours après victoire. Mentalement, on a dû être costaud car physiquement, cela devenait vraiment difficile. Le match en lui-même n’a pas été simple, on n’arrivait pas à concrétiser notre domination. On aurait aussi pu perdre pied pour plusieurs raisons : l’arbitre qui ne siffle pas un pénalty en tout début de partie, alors que cela aurait sans doute changé la physionomie du match, ou Gervinho qui manque deux grosses occasions… Malgré cela, on n’a jamais baissé les bras. Et voilà que Gervais te met une frappe dans un angle impossible. Ç’a une nouvelle fois montré la force mentale, collective et individuelle de ce groupe.

 

Penses-tu que l’épisode malheureux de Lorient (défaite 2-1 lors de la 38è journée) l’année précédente a été utile pour franchir un palier ?

Certainement. Je pense qu’on a gagné en maturité, cela nous a permis de mieux gérer les événements. Peut-être que l’an dernier, on ne mesurait pas suffisamment notre potentiel. On a su se nourrir de nos erreurs pour avancer.

 

Jusqu’à connaître l’apothéose au Parc des Princes...

Oui, même si ce fut loin d’être une partie de plaisir ! Pour cet avant dernier rendez-vous, il a fallu composer avec les suspensions et les blessures. Ce qui n’était pas simple car on arrivait à notre cinquième match en deux semaines. Heureusement, on a encore pu compter sur la profondeur de notre banc pour faire la différence. Nous savions que nous pouvions conclure à Paris en ramenant le point manquant pour le titre. Ce fut fait. Une semaine après la Coupe de France, on a donc pu vivre un nouveau moment fabuleux !

 
Merci Franck Béria.