Ibrahim, bonjour. Jetons dans un premier temps un coup d’œil dans le rétro. Que retiens-tu de tes débuts sous le maillot du LOSC ?
Quand je suis arrivé de Nancy, j’étais d’abord parti dans l’idée de gagner du temps de jeu. Dès la préparation estivale, j’ai senti qu’il y avait la possibilité de jouer. Et ça s’est confirmé puisque le coach de l’époque, Hervé Renard, m’a propulsé titulaire à la maison lors de l’entame de saison face au PSG (0-1). Malheureusement pour moi, j’ai été victime d’une entorse de la cheville et contraint de sortir à la mi-temps (remplacé par Mendes). Ça m’a bien sûr handicapé et freiné dans ma progression. Il a donc fallu que je me remette d’aplomb avant de goûter à nouveau au terrain.

Suite à cela, jusqu’au mois de décembre, tu n’es apparu qu’à 4 reprises en L1…
Quand je suis revenu de blessure, je n’ai pas évolué au poste où je me sentais le mieux, dans un système à trois défenseurs. C’était compliqué, même si j’ai toujours essayé de m’adapter aux demandes du coach. Le plus dur durant cette période a été de ne pas enchaîner les matchs, d’attendre mon heure pendant un mois voire plus, et de devoir être prêt sans compétition dans les jambes au moment où on faisait appel à moi. Et dans une période où ça ne gagne pas, ça rend les choses encore plus difficiles.



Frédéric Antonetti est alors arrivé au mois de novembre. Qu’est-ce que cela a changé pour toi ?
Au début, le coach ne me connaissait pas trop. Il a donc fallu qu’il se fasse une idée. Il attendait de voir ce que je pouvais réaliser à l’entraînement et a certainement vu ce que je pouvais apporter à l’équipe. Il m’a alors titularisé à Caen (J17, 1-2, 05/12/2015), puis de nouveau à Bordeaux (J21, 1-0, 16/01/16) et à Marseille (J23, 1-1, 29/01/16). Et depuis ce match au Vélodrome, j’ai toujours tenu ma place…

Quel fut ce déclic qui t’a poussé titulaire durant les 15 dernières journées d’affilée ?
Plusieurs facteurs : vraiment j’insiste sur l’enchaînement des matchs qui te donnent le rythme. Puis la confiance du coach fait beaucoup aussi, surtout quand il tient parole et qu’il te fait jouer comme il te l’annonce. C’est primordial. L’entraîneur m’a dit qu’il me faisait confiance et il m’a laissé le temps pour m’affirmer à ce poste. J’ai su saisir ma chance durant ces 3-4 matchs tests, dans une période où l’équipe s’est remise à gagner. Du coup, il n’y eut plus de raison de changer de système et de ne pas garder une équipe qui gagne.

 "Il faudrait qu’à la récupération du ballon, je puisse aller encore plus vite vers l’avant, en essayant de prendre des risques tout en réalisant la bonne passe"


Tactiquement aussi, tu as su t'adapter n'est-ce pas ?
Au début, comme M. Antonetti ne me connaissait pas trop, on a dit de moi que j’avais une préférence pour évoluer au milieu de terrain. Il a supervisé quelques matchs lorsque j’évoluais à Nancy et il s’est aperçu que je pouvais apporter un plus dans l’entrejeu. Sa confiance m’a permis de progresser. Bien sûr, il faut que j’améliore encore dans pas mal de domaines. Par exemple, j’en ai discuté avec le coach, il faudrait qu’à la récupération du ballon, je puisse aller encore plus vite vers l’avant, en essayant de prendre des risques tout en réalisant la bonne passe.



Si on regarde le classement, le LOSC pointait à la 15e position au soir de la 25e journée de Ligue 1, le 7 février, au sortir de LOSC-Rennes (1-1). Trois mois plus tard, vous terminez sur à la 5e place…
Honnêtement, j’étais convaincu qu’on allait revenir tout doucement à une meilleure place. Mais à aucun moment je n’ai imaginé qu’on puisse finir cinquième, qualifié pour une Coupe d’Europe ! Ç’a surpris plus d’un joueur de l’équipe. On peut s’estimer heureux que ce soit terminé ainsi. Du coup, avec cette qualification, on va pouvoir se confronter à d’autres footballs, d’autres équipes, à un arbitrage différent. C’est une certitude que pour des jeunes comme nous, ça va nous faire progresser dans le bon sens. Tout joueur rêve de jouer l’Europe et ça va être mon cas. J’en suis très heureux.

Durant cette fameuse "remontada", tu es parvenu à inscrire ton tout premier but en Ligue 1. Tu nous racontes ?
Que dire si ce n’est que marquer pour la première fois en championnat est quelque chose d’extraordinaire, une sensation difficile à expliquer. Surtout que ce but à Bastia (1-2) nous a permis de décrocher la victoire et donc trois points contre un concurrent direct à l’époque. Seulement voilà, je ne compte pas m’arrêter là. Ce qui m'importe désormais, c’est ce qu’il y a devant, à savoir essayer de mettre le prochain. J’espère au passage réaliser une très belle saison 2016-2017 avec, espérons-le, une nouvelle Coupe d’Europe à la clé ?

Merci Ibrahim. Rendez-vous le 27 juin pour la reprise du groupe professionnel !