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Jean II, bonjour. Ma première question est simple : comment vas-tu ?
Je vais très bien, merci. Je suis en ce moment au Cameroun pour un petit souci de famille, rien de grave, je vous rassure. Ravi de vous avoir au téléphone.
 
Merci, nous aussi. Que deviens-tu ?
Après mon passage au Stade Rennais, je suis parti découvrir le championnat de Turquie, à Antalyaspor (40 matchs, 4 buts entre 2015 et 2017). Et depuis la fin de mon contrat là-bas en juin dernier, je suis à la recherche d’un nouveau challenge. Même à 34 ans, j’ai encore faim de ballon, de jouer au foot, car c’est ma passion avant tout. Je pense que j’ai encore de belles années devant moi en tant que joueur. Je me sens toujours capable de rendre service à une équipe sur le terrain. L’envie est là, c’est certain. J’espère rapidement trouver un club pour le démontrer.
 
On te le souhaite. Comment gères-tu cette période sans club ?
Ce n’est pas facile à vivre, je ne vais pas te mentir. Je ressens un certain manque, de ne pas jouer bien sûr, mais aussi de ne pas partager cette vie de groupe au sein d’une équipe. Car quand vous en avez l’habitude depuis de nombreuses années, c’est difficile quand tout s’arrête d’un coup, du jour au lendemain. Je prends donc mon mal en patience, je me prépare en tout cas pour être prêt si on me sollicite. Dans le foot, tout va très vite dans les deux sens.

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Si je te dis le mot LOSC, tu me réponds quoi ?
Je suis l’actualité du championnat de France, forcément, et du LOSC bien évidemment (il se marre). Car le LOSC, c’est en moi et chez moi. Cela reste mon club de coeur, là où tout a commencé me concernant. Je ne l’oublierai jamais. Je regarde d’ailleurs chaque match, dès que je peux. La situation actuelle ? La première moitié de la saison a été difficile, je trouve pourtant que ce groupe possède une belle marge de progression. J’espère qu’ils vont se maintenir et que cette mauvaise passe leur servira pour la suite.
 
Que penses-tu du nouveau coach ?
La venue de Christophe Galtier a fait le plus grand bien. C’est un très bon entraîneur pour un club comme le LOSC. En tant qu’ancien joueur lillois, il connait parfaitement les valeurs de la région. Et je suis persuadé qu’il saura mener cette jeune équipe à bon port. Le groupe est jeune et va prendre de la maturité au fil du temps. Je suis sûr que ces jeunes montreront à l’avenir l’étendue de leur talent.
 
On sent cette passion du foot quand tu nous parles. Mais d’où vient-elle ?
Tu n’as qu’à venir en Afrique et tu verras que tout le monde est passionné par le foot (rire).  Alors tu imagines, quand tu as la chance d’en faire ton métier, de jouer en Europe et de défendre les couleurs de ton pays, je pense qu’il n’y a rien de mieux. Car ce sport, ici au Cameroun, c’est de la folie. Tout le monde en parle tout le temps. Ça fait partie de notre quotidien.

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Raconte-nous tes premiers pas avec le ballon rond ?
Forcément, j’ai débuté dans la rue, au pays, comme tout Africain qui se respecte (il explose de rire). Car nous n’avons pas de centre de formation comme en Europe. On se débrouille comme on peut, avec les moyens du bord, on dispute des championnats de quartier. Et nos parents font ce qu’ils peuvent pour nous offrir une paire de crampons. Parfois, on n’en a pas, mais le plus important quand on est gamin, c’est de pouvoir courir après un ballon avec ses potes.

“Le LOSC, c’est en moi et chez moi, là où tout a commencé me concernant”

 
Et ton arrivée au LOSC, tu t’en souviens ?
Bien sûr. J’ai eu la chance d’être repéré par des agents lorsque j’étais en sélection avec les jeunes du Cameroun. Ce qui m’a aidé pour venir faire un bout d’essai à Lille. Mes premiers pas dans le Nord ? Il faisait très froid, comme toujours (rires). Le climat, les terrains, l’organisation… tout était nouveau pour moi. Il a fallu que je m’adapte, même si j’ai dû repartir en Afrique durant un an pour un souci de visa.

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Une période compliquée j’imagine…
Que c’était long, d’autant que je ne pouvais pas jouer en Afrique non plus. J’étais sous  contrat Espoir avec le LOSC. Heureusement, Jean-Michel Vandamme, le Directeur du centre de formation, m’a beaucoup soutenu. Il m’appelait très souvent pour me rassurer. Tout s’est bien passé par la suite, j’ai pu revenir et m’installer à Lille.
 
Quel est ton souvenir le plus fort avec les Dogues ?
Je vais te répondre nos matchs de Champions League. C’est une grosse fierté et un plaisir immense. Nous sommes partis de loin avant d’aller faire de merveilleux parcours dans cette prestigieuse épreuve. Perso, j’ai débuté au centre de formation, avant de gravir tous les échelons pour arriver à cette récompense ultime. C’était très fort, même si on a été obligés à l’époque de se délocaliser au Stade de France, puis à Bollaert.
 
Et ton but le plus mémorable ?
C’est lors de ma dernière saison au LOSC, en 2007-2008. On décroche un nul sur le terrain du Paris Saint-Germain (1-1, le 26/08/07). Je me souviens que je marque de la tête et je vais ensuite le fêter avec nos supporters. Au niveau de la joie, de l’émotion et de la communion, c’était vraiment le top. J’en ai encore des frissons aujourd’hui quand je t’en parle.

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As-tu gardé contact avec des joueurs de l’époque ?
Oui. Quand on se croise, on discute, on se remémore de jolis souvenirs. Ensuite, je suis bien sûr toujours connecté avec Aurélien Chedjou que j’ai vu éclore au LOSC. J’étais un peu son grand frère à l’époque. Il est venu sur la pointe des pieds, je suis très fier de son parcours. Chapeau. Et récemment, on a joué plusieurs fois l’un contre l’autre en Turquie.
 
Pour finir, ce dimanche, c’est un LOSC-OL qui est à l’affiche…
J’ai joué dans les deux camps. La première fois que j’ai retrouvé le LOSC, j’ai marqué en Coupe de France si ma mémoire est bonne (3-2 pour Lille, le 04/03/09). J’ai éprouvé un sentiment étrange, particulier. C’était bizarre. Maintenant, je défendais aussi fièrement ce  maillot de Lyon et je devais faire abstraction de l’adversaire. Mais bon, dimanche, tu sais pour qui mon coeur penchera…

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La suite de cette interview, c’est un encadré "Premières Fois", à découvrir dans LOSC In The City.