Junior, bonjour. Ma première question est basique : pourquoi le foot ?
Cet amour pour ce sport, il me vient de mon enfance, lorsque je jouais avec mes potes dans mon “barrio” (quartier). J’ai dû commencer dès l’âge de 5-6 ans si ma mémoire est bonne. Je pense que la majorité des footballeurs débute de cette manière. Mon premier ballon ? J’ai dû l’avoir vers 6-7 ans. Par contre, je n’avais pas de poster de joueurs dans ma chambre d’enfant. Tu sais, mon père était mécanicien, j’étais donc plus branché motos à la maison (il se marre). Le football pour moi, c’était plutôt dehors et entre amis.
 
Tu étais fan de quelle équipe à l’époque ?
Une personne de ma famille m’avait offert le maillot de Flamengo et ensuite, j’ai eu celui du Cerro Porteño. Lorsque j’étais jeune et que nous jouions à la console de jeu, je prenais toujours le Real Madrid ou Chelsea. En Europe, j’apprécie vraiment une équipe comme le Real qui est toujours au plus haut de l’affiche depuis des décennies. D’ailleurs, j’aime beaucoup un joueur comme Sergio Ramos, car nous jouons au même poste. J’apprécie sa personnalité, sa manière de jouer.

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Raconte-nous un but de légende qui t’as marqué devant ton petit écran ?
Je vais te dire sans hésiter le pénalty d’Oscar Cardozo pour le Paraguay lors de la séance des  tirs au but face au Japon (0-0, 5 tab à 3) pendant la Coupe du Monde 2010. Les joueurs avaient d’ailleurs tous réussis leur pénalty. C’était vraiment incroyable. Ce qui a permis à l’Albirroja d’éliminer le Japon et d’accéder pour la première fois de son histoire aux quarts de finale d’un Mondial. Tu ne peux pas imaginer ce que ça peut représenter dans mon pays… Malheureusement, le Paraguay sera éliminé par l’Espagne (1-0), le futur champion du monde, au terme d’un match rageant, plein de rebondissements.
 
Si je te demande quel est aujourd’hui ton plus grand rêve de footballeur, je devine déjà ta réponse…
(Il rigole) Disputer une Coupe du Monde avec ma sélection. C’est la réponse que tu attendais (clin d’oeil complice). Le Mondial est le rêve de huit millions de Paraguayens. Quand mon pays dispute cette épreuve suprême, tout notre peuple est uni et espère la victoire de la sélection. Tu comprends donc que c’est mon rêve de représenter toute une nation dans une telle compétition. J’espère que nous y serons en 2022 au Qatar, car nous avons raté de peu la prochaine en Russie. Mais nous avons une belle génération qui va continuer à progresser. J’en suis convaincu.

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Avec pourquoi pas un France-Paraguay à l’affiche ?
Ça serait sympa et on aurait une “petite” revanche à prendre. Tu vois à quel match je fais référence ? J’avais 5 ans lors de ce France-Paraguay (1-0) en huitième de finale de la Coupe du Monde 1998. Je n’ai vu que des images de ce match, mais ma famille m’en a beaucoup parlé. Ah ce but en or marqué par Laurent Blanc… Le Paraguay avait pourtant une belle équipe à cette époque. Malgré mon jeune âge à ce moment-là, je me souviens également du pénalty de Zidane lors du Mondial 2006 contre l’Italie (1-1, 5 tab à 3). Sa “Panenka” sur Buffon était comment dire… magique, magnifique, ça m’a marqué. Et récemment, j’ai croisé le chemin des Bleus en amical, même si je n’en garde pas un super souvenir (défaite 5-0, le 02/06/17).

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Plus, jeune, allais-tu voir des matchs au stade ?
Il me semble que mon baptême du feu, c’était à l’occasion d’une rencontre de la sélection du Paraguay. Ensuite, ce fut l’équipe première de mon club du Cerro Porteño où j’ai commencé ma formation. J’ai même eu l’occasion d’être ramasseur de balles lors de leurs matchs. Je me souviens que lorsque je faisais cela, je me disais vouloir être à la place des joueurs sur la pelouse et qu’un jour j’y arriverais.

“Je fais attention à ma manière de m’entraîner, à mon hygiène de vie et à mon alimentation. C’est une obligation et un devoir de respecter ma profession”

 
Et tu y es arrivé…
(Il coupe) Le chemin a été long et dur… Tu sais, lorsque j’ai signé mon premier contrat pro au Cerro Porteño, à l’âge de 19 ans, cela faisait 4 ans que je jouais pour ce club “gratuitement”. Je t’explique : mon père était le seul à m’aider financièrement dans tous les domaines. Il m’achetait mes chaussures de foot… Pendant 4 ans, je n’ai pas touché un seul guaraní, un seul centavo. Ce fut donc une superbe nouvelle, même si j’ai commencé en gagnant le salaire minimum (300 euros). Alors certes, ce n’était pas beaucoup d’argent, mais c’était déjà un grand pas de franchi. Mon rêve de signer pro venait de se réaliser.
 
Le foot est aujourd’hui un moteur pour toi au quotidien, tu confirmes ?
Bien sûr. Au-delà de ce que représente le football, pour moi c’est mon métier et je suis un privilégié. Je dois donc le faire bien. Cela signifie que je fais attention à ma manière de m’entraîner, à mon hygiène de vie et à mon alimentation. C’est une obligation et un devoir de respecter ma profession.

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Quelle est ta principale force sur un terrain ?
Je pense d’abord à mon aisance dans le jeu aérien. Je vais aussi te dire mon agressivité et ma vision du jeu qui me permet d’être toujours attentif au placement de mes coéquipiers. Mon poste d’arrière est une position parfaite pour avoir une bonne vue d’ensemble et ainsi aider au mieux mes partenaires. Ma vitesse ? Voilà ce que je dois améliorer. Si je réussis à parfaire cela, ce sera une nouvelle étape de franchie dans ma progression.
 
Pour finir, tu nous expliques ton quotidien quand tu quittes le Domaine de Luchin ?
Sincèrement, dès que je quitte le centre d’entraînement, je coupe un peu avec le foot. Bien sûr, je regarde la Champions League ou les matchs du Cerro Porteño. Rien de plus. Je ne regarde pas la télé, ni la presse sportive, je joue très peu à la console, car j’ai un fils et je lui interdis d’y jouer, je montre donc l’exemple. En ce qui concerne la lecture, j’aime les livres historiques, sur la politique ou l’économie et d’autres qui peuvent m’aider à enrichir ma réflexion personnelle.

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