Deux Éléphants, ça marque énormément


Potes d’enfance et compagnons de chambrée en sélection, Gervinho et Salomon Kalou ne s’y trompent pas quand ils parlent d’amitié. Depuis leur camp de base d’Afrique du Sud, les deux Ivoiriens ont enchaîné - en rythme - les questions-réponses pour le mag’ officiel du LOSC. De mémoire d’Éléphant, ces deux-là ont toujours fait voler les défenses en éclats.

Gervinho (il s’adresse au rédacteur de Go LOSC !) : « Allô. Bonjour, comment vas-tu ? (silence) Allô ? Je t’entends mal. Attends, je vais placer mon téléphone sur haut-parleur, ce sera plus simple comme ça. Salomon, tu es prêt ? »

Kalou (au loin) : « Oui, j’arrive ! »

Gervinho : « Ça reste entre nous, mais je pense qu’il ne s’est pas encore remis de la correction que je viens de lui infliger à PES. Moi, je jouais avec le LOSC et lui a pris Chelsea. Devine le score ? 3-0 pour les Dogues avec, en prime, un doublé de Gervinho… (il éclate de rire) »

Kalou (faussement agacé) : « Ne t’enflamme pas, je n’ai pas dit mon dernier mot. Depuis que tu marques des buts avec le LOSC, j’ai remarqué que tu me manquais de respect (rires). Il a bien changé le petit Gervais que j’ai connu en 1999… »

Gervinho : « Non, c’était en 1998. Souviens-toi, je suis issu de la troisième génération de l’Academy Mimosas d’Abidjan, la promotion “Puskas“, juste après la tienne, la promo “Armando“. »

Kalou : (il réfléchit) « Oui, tu as raison. Je te revois encore passer les tests au centre Sol Béni. Vous deviez être plusieurs centaines de jeunes originaires des quartiers d’Abidjan à tenter votre chance. Toi, je t’ai repéré tout de suite et le coach, Jean-Marc Guillou, aussi. Tu avais beau être jeune et tout maigrichon, tu as su te faire remarquer par ta présence technique. Il n’empêche qu’à l’époque, tu me respectais beaucoup plus qu’aujourd’hui. Tu avais même peur de moi, ton aîné… (il se marre) »

Gervinho (il lance au rédacteur de Go LOSC !) : « Ne l’écoute pas, il raconte n’importe quoi ! En réalité, on a très vite eu la possibilité d’évoluer ensemble sous le maillot de l’équipe première de l’ASEC. Notre amitié est née petit à petit, mais je me souviens t’avoir vraiment découvert en 2004, pendant le tournoi de Rezé, près de Nantes. Sur le terrain, nous avons toujours été complémentaires, n’est-ce pas ? »

Kalou : « C’est vrai. Disons que je te connais par coeur. Je sais exactement comment et où tu veux recevoir le ballon, quand tu souhaites solliciter le une-deux… À l’Academy, j’étais peut-être plus à l’aise à la finition, tandis que toi, le dribbleur fou, tu pouvais déjà compter sur ton sens de la fixation et de l’élimination. Tu te souviens des Jeux Olympiques de Pékin en 2008 ? »

Gervinho : « Un peu, oui ! C’est sans doute notre meilleur souvenir en commun, notamment ce match face à la Serbie (4-2) à Shanghai où nous avions tous les deux inscrit un but. Finalement, nous sommes un peu du même profil, toi et moi… »

“Le LOSC a déjà montré par le passé qu’il pouvait se hisser au plus haut niveau, posant plusieurs fois des problèmes au grand Manchester United. La construction d’un nouveau stade montre l’ampleur que le club va prendre dans les années à venir.“
Salomon Kalou

Kalou : « Je valide. Je dois te l’avouer, j’ai souvent été surpris cette saison - devant Jour de Foot - de te voir planter autant de buts. Ça montre à quel point tu as progressé à la finition, mais également dans la dernière passe. Tu es devenu un cadre du LOSC, le genre d’attaquant moderne avec lequel j’aime jouer…et passer du temps en dehors du terrain. »

Gervinho : « C’est vrai que nous avons toujours su rester assez proches. Au pays, nous vivons d’ailleurs à dix minutes l’un de l’autre, du côté d’Abidjan. Et même quand nous sommes arrivés en Europe (toi en 2003, moi en 2004), nous n’avons jamais perdu le contact. Rappelle-toi de tes allers-retours jusqu’à Beveren, en Belgique, où j’évoluais avec pas mal d’autres jeunes Ivoiriens... »

Kalou : « Oui, je jouais à Rotterdam, aux Pays-Bas, à 45 minutes à peine de votre camp de base. Pour nous tous, je crois que cette période d’apprentissage vécue ensemble a été très importante pour la suite de notre carrière. C’était une sorte de transition en douceur avec le football européen. En parlant de nos racines, comment vis-tu le fait de participer à cette première Coupe du monde sur le continent africain ? »

Gervinho (il pèse ses mots) : « Comme quelque chose de très symbolique qui m’apporte un grand plaisir même si, au quotidien, la préparation demeure la même que pour n’importe quel match en sélection ou en club. Une certaine pression reste néanmoins perceptible, surtout lorsqu’on voit l’engouement de toute la nation rassemblée derrière nous. Je suis très fier de défendre les couleurs ivoiriennes. »

Kalou : « Je suis totalement dans le même état d’esprit que toi. Même s’il s’agit d’un saut dans l’inconnu, nous sommes habitués à aborder ce genre de grand rendez-vous avec nos clubs respectifs, en championnat comme en coupe d’Europe. Notre mission est claire : nous devons placer notre talent au service de l’équipe. »

Gervinho : « Un doublé coupe-championnat avec Chelsea, huit buts inscrits toutes compétitions confondues…Peut-on dire que tu as réalisé la meilleure saison de ta carrière ? »

Kalou (sans hésiter) : « C’est certainement l’une des plus abouties. En me montrant décisif de manière régulière, que ce soit en Premier League ou en UEFA Champions League, j’ai énormément gagné en maturité. »

Gervinho : « Je te le souhaite. Changeons de sujet : quelle image as-tu du LOSC ? »

Kalou : « Celle d’une très bonne équipe, composée de plusieurs joueurs de grand talent. Le club a déjà montré par le passé qu’il pouvait se hisser au plus haut niveau, posant plusieurs fois des problèmes au grand Manchester United. La construction d’un nouveau stade montre l’ampleur que le LOSC va prendre dans les années à venir. (on entend tambouriner à la porte de leur chambre). »

Gervinho (à destination du rédacteur de Go LOSC !) : « Il est déjà l’heure du repas, on va devoir te quitter, les joueurs nous attendent dans le couloir. Je compte sur toi pour saluer tout le monde au Domaine de Luchin. On se dit à très bientôt. (il raccroche) »