Le premier poste sur le terrain

 « J’ai toujours évolué comme latérale droite, même si j’ai effectué quelques piges en défense centrale. Et au foot universitaire ou à Toulouse l’an passé, je me suis parfois retrouvée à droite au milieu de terrain. Pourquoi ce poste ? Je ne sais pas, peut-être parce que mon père jouait lui aussi en défense, dans l’axe ou à droite. Ça doit être dans nos gênes car mon frère, qui avait un profil plus offensif, a lui aussi terminé arrière gauche. Je pense que c’est une histoire de famille qui explique ce poste. On a tous du caractère ! »

Le premier match de D1 : La Roche-sur-Yon-Rodez (0-2), le 05/09/10

« Je devais avoir 18 ans. En fait, on avait été à la lutte avec cette équipe de La Roche-sur-Yon lors de notre première année en D2. Et ce sont elles qui avaient alors accédé à la D1. On en avait fait de même la saison suivante. Cette première journée était donc particulière car on retrouvait un concurrent de D2. Je pense qu’on n’avait pas encore cette notion de D1 à l’esprit. Alors gagner notre premier match à ce niveau, c’était plutôt sympa ! »

Le premier but en D1 : Rodez-Juvisy (1-2, 81’), le 13/11/11

« Je tiens tout de suite à préciser que je ne suis pas une buteuse (rires). Je me rappelle que j’avais débuté la rencontre au poste de latérale droite. On avait réalisé une grosse prestation collective et sur la fin, on poussait. Et sur un corner, la gardienne adverse dégage le cuir, je le reprends de demi-volée et le ballon termine sa course dans le petit filet. Ce but, je m’en souviens forcément, même si on a n’a pas réussi à égaliser sur la fin alors qu’on le méritait. Une belle expérience… »

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Le premier exploit : Rodez-PSG (1-1), le 22/01/12

« C’est toujours un rendez-vous particulier quand on croise le PSG. Là, c’était à domicile, sous une pluie ininterrompue. Il avait fallu se battre, tout simplement, car il est certain qu’on n’avait pas eu le monopole du ballon. On avait quand même réussi à les embêter et les Parisiennes n’étaient alors pas parvenues à l’emporter comme le voulait la logique. Ça reste un gros souvenir car ce n’est pas donné à tout le monde de signer ce genre de petit d’exploit, face à ce type d’équipe, sachant que Rodez reste un petit poucet de cette D1. »

Le premier avec Toulouse : TFC-Aurillac Arpajon (2-1), le 18/01/15

« En fait, mon premier match sous le maillot du TFC, je l’ai joué avec la DH. J’ai même marqué 2 buts pour une victoire 4-0. J’avais évolué au poste de milieu droit. La semaine suivante, le coach de la D2 décide de me reprendre dans le groupe et me positionne une nouvelle fois dans l’entrejeu. Et je marque contre Aurillac Arpajon (2-1). Pour l’intégration, c’était bien. Maintenant, je me suis surtout fait charrier car je ne suis pas une buteuse. J’avais tellement envie de retrouver les terrains, même si je n’étais pas encore prête physiquement à reprendre la compétition. Je pense que j’avais ce grain de motivation supplémentaire qui m’a porté sur le terrain. Le but est anecdotique, je m’étais surtout régalée sur ce match-là, en prenant beaucoup de plaisir. »

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La première sélection chez les Bleues

« L’équipe de France U19 (7 sélections dont la première le 13/09/10 contre la Géorgie, 11-0) est l’aboutissement d’une année de D2 à Rodez, celle de la montée. J’ai éprouvé beaucoup de fierté de porter ce maillot bleu car cela représentait le fruit de ce que j’avais construit avec mon club. Une expérience unique qu’on ne revit pas des milliers de fois. On essaye de savourer comme on peut chaque moment, sans oublier d’où on vient. Et pour la petite anecdote, au moment de choisir notre numéro de maillot lors du premier tournoi, j’avais opté pour le 12 car c’est celui de mon département, l’Aveyron. C’était ma façon de dire : je défends le maillot de l’équipe de France, mais je viens de l’Aveyron et plus particulièrement de Rodez, j’en suis fière ! C’était un petit clin d’œil. »

La première qualité

« Je pense que ma combativité représente ma principale qualité. Mon défaut ? Je ne suis pas quelqu’un d’extrêmement technique et comme on dit souvent, mon pied gauche me sert uniquement à monter dans le bus (sourire). Idem en dehors du terrain, je n’ai pas le choix, je dois me faire violence car ce n’est pas toujours évident. Parfois, je n’ai pas envie d’aller à l’entraînement, pourtant j’aime ça. Je vais quand même m’y rendre, travailler, râler si je n’y arrive pas. Il faut être un peu combatif, mentalement, il faut bosser, tout simplement. »

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La première grande fierté

« Je pourrais te répondre un truc bateau du genre c’est super d’avoir été en équipe de France U19 ou d’avoir participé (et remporté) les Championnats d’Europe Universitaires avec l’équipe universitaire Paul Sabatier. Mais moi, ce n’est pas trop ça, ça ne me représente pas. C’est plutôt le fait d’avoir pu, par exemple, me construire en tant que personne et joueuse au sein d’une équipe comme Rodez. J’ai ainsi pu m’épanouir au sein d’une équipe en or, même si on vit toujours des hauts et des bas. Alors je dirais que ma plus grande fierté est d’avoir pu évoluer dans ce groupe-là car cela m’a permis ensuite de vivre des choses extraordinaires. Sinon, je n’en serais pas là aujourd’hui. »

La première boulette

« Je me rappelle qu’avec Rodez, j’ai marqué contre mon camp, mais ce genre de souvenir, on le zappe vite de notre mémoire (rires). Ah si, je me souviens d’un match avec Rodez contre Saint Brieuc. Franchement, au bout d’une minute de jeu, le ballon vient sur moi, je gère mal la trajectoire et je mets un gros dégagement, à l’époque on appelait ça une grosse salade. Le ballon monte très haut, j’étais à 20 mètres de mon but. Le cuir revient dans l’axe, vers la défenseuse centrale qui l’a vu arriver pas comme un cadeau du ciel. La suite ? J’ai été mauvaise durant toute la partie. Je me suis tapée une bonne honte, j’en reparle d’ailleurs parfois avec certaines. »

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La première émotion forte lilloise

« J’ai aimé le match de championnat contre Hénin Beaumont (2-0) à domicile, pour ce qui constitue la première victoire de l’histoire de la section féminine. Sous une pluie battante, une drache comme on dit ici. J’aime ces ambiances-là, même si ça peut paraître bizarre car je viens du Sud. Au final, je pense qu’on aurait pu gagner plus largement. On avait fourni un match complet, on s’était bien battue, on avait eu le monopole du ballon. La combativité était au rendez-vous. Un très beau souvenir. »

Le premier bilan : 137 matchs (50 de D2, 72 de D1, 15 de CdF)

« Franchement, je ne me rends pas vraiment compte. Maintenant, quand on me le dit, il est certain que ça fait beaucoup de matchs. Les rencontres s’enchaînent les unes après les autres et quand on regarde les chiffres, on constate que ça fait un petit moment qu’on joue au foot. On ne se rappelle pas de tout à la fin, mais chaque match a son histoire et nous laisse un souvenir. Ce sont des moments qui comptent et qui restent…  ça commence à s’accumuler et à faire pas mal. »

Merci Manon Guitard. Pour revivre la première partie, c’est par ICI.

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