Peaufiner les ultimes détails

Il est 13h30 lorsque Stéphane Dumont nous accueille, avec comme toujours, beaucoup de simplicité et de gentillesse, au bord du terrain du Domaine de Luchin. Certains joueurs sont déjà en reconnaissance sur une pelouse qui a été spécialement arrosée (à la demande du coach) afin que ses jeunes protégés puissent mettre leur jeu en place dans des conditions parfaites, le tout sous un magnifique soleil.
 
S’imprégner du match. « Je me prépare toujours de la même façon : j’arrive de bonne heure au Domaine de Luchin, au moment du déjeuner. J’ai ainsi le temps de me préparer au mieux, de m’organiser et de régler le moindre détail. Ensuite, j’attends tranquillement l’arrivée des joueurs, pour les voir, les sentir et commencer à m’imprégner du match en se rapprochant de la causerie. »
 
Le onze de départ en tête. « Je ne cogite pas spécialement la veille car je sais généralement qui je vais faire débuter. Les seules incertitudes concernent ceux qui sont susceptibles de redescendre avec les U19, en tenant compte de la rencontre de la réserve. C’est toujours le seul point d’interrogation. On le sait généralement vers 20h, juste après la rencontre de CFA2. »

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En immersion auprès des joueurs pour les guider

De retour dans le vestiaire, le silence est de mise, place à la concentration au moment d’enfiler les tenues. Stéphane Dumont est assis au milieu de ses joueurs. Il glisse quelques mots à certains, il en chambre aussi d’autres, histoire de détendre l’atmosphère. Il faut dire que l’ancien capitaine du LOSC sait mieux que quiconque ce que représente le fait de défendre ce blason des Dogues.
 
Plus qu’un maillot, une passion. « Je leur répète à chaque fois, porter le maillot du LOSC est déjà une fierté et une récompense de leur travail. Ensuite, pour pouvoir le porter plus haut, il faut bosser chaque jour sans relâche pour réaliser le rêve qu’ils ambitionnent. Des rituels ? Je ne suis pas trop superstitieux, même si on fait des choses de manière automatique et ce sont ces automatismes qui deviennent des rituels. »

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Un rôle super enrichissant. « Je le vis différemment que lorsque j’étais joueur, car je n’ai pas la possibilité de m’exprimer sur le terrain. Il faut trouver des parades. Mon rôle consiste à les guider, les aider, les former. C’est super enrichissant. J’espère que je leur apporte mon expérience du haut niveau, j’essaye de faire en sorte que mes protégés le découvrent par eux-mêmes. »

Une causerie pour entrer dans le vif du sujet

Le coach Dumont se lève et entre en action. Une causerie de cinq minutes, pas plus. Les mots sont pesés, simples, directs… passionnés. Il rappelle les principes du jeu qu’il veut voir sur le terrain et prévient son groupe qu’il ne faut pas tomber dans la facilité sous prétexte que ses joueurs vont affronter la lanterne rouge.

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« Dès le coup d’envoi, on va les chercher, on les accule, on les presse le plus haut possible, martèle-t-il. Quand on a le ballon, on fait ce qu’on a travaillé cette semaine : on écarte, on joue, on cherche la profondeur, pas de ballon arrêté. Prenez du plaisir sur le terrain mais n’oubliez jamais qu’il y a un match à jouer en étant performant et à gagner. » Enfin, il fait passer ses messages un à un, notamment aux U17 qu’il veut voir à l’œuvre pour préparer l’avenir. À eux de saisir leur chance…

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Au milieu de ses troupes pour l’échauffement

Après la causerie les joueurs sortent du vestiaire, le bruit des crampons résonnent dans le couloir, le coach Dumont délivre les deniers conseils, saluent quelques visages connus. Il entre lui aussi progressivement dans son match, au milieu de ses joueurs, avec ce rôle de guide qui lui colle parfaitement à la peau.
 
Pour prendre la température. « J’aime que mes joueurs se responsabilisent, mais je prends en charge une partie de l’échauffement, notamment en début de saison. Puis, progressivement, ils savent ce qu’ils ont à faire. Maintenant, j’aime aussi être imprégné de l’échauffement, m’y inclure et être avec eux pour sentir mon groupe, le faire vivre, passer des messages. On ne fait pas tout passer par la causerie, j’en délivre également à l’intérieur de l’échauffement, en prenant à part un ou deux joueurs. »

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Leur donner toutes les billes. « J’aime que mon groupe soit concentré, mais aussi qu’on ait des temps d’échange, de rigolade, c’est important. Après, ils ont l’habitude de mon mode de fonctionnement, on se connaît bien. Il faut bien cerner chacun car ils ont tous une préparation différente, certains doivent se concentrer, d’autres aiment déconner. C’est aussi mon rôle. J’aspire qu’ils aillent un jour chez les pros et se préparer à Luchin ou au Stade Pierre Mauroy, c’est autre chose. On commence à les y amener, petit à petit. »

Du coup d’envoi à la pause, il ne les quitte pas des yeux

L’heure du coup d’envoi approche à grands pas, les joueurs retournent au vestiaire, enfilent le maillot et c’est parti ! La première mi-temps est quasiment à sens unique, à l’avantage de ses protégés. Mais comment Stéphane Dumont vit sa vie de coach pendant la rencontre ? Le mieux est de poser la question à l’intéressé.
 
Dans le feu de l’action. « J’ai besoin de vivre les choses pleinement, je n’aime pas rester assis sur mon banc, alors je me lève, j’encourage, je recadre. Encore une fois, j’ai besoin de sentir les choses, d’extérioriser et de faire passer les messages. Là, leur prestation est cohérente, il y a du liant dans le jeu, les joueurs sont investis. Pour le moment, les consignes sont respectées, avec sérieux. Quand les messages sont clairs et surtout qu’ils sont bien reçus, c’est ensuite plus facile de les retranscrire sur le terrain. Maintenant, mon rôle est de faire en sorte que ça dure 90 minutes. »

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À la mi-temps, le tableau d’affichage indique donc 4-0 avec des buts lillois signés Pollet (11’), Sadzoute (17’), Flips (21') et Faraj (44’). Ses premiers mots dans le vestiaire ? « Buvez les gars, récupérez ! » Il prend ensuite la parole, délivre des consignes individuelles, des conseils, des phases de jeu à corriger, des placements à revoir, les joueurs à surveiller. Le tout, avec toujours un discours positif, compétiteur et gagneur. Son message ? « Vous mettez du rythme, c’est bien. Ensuite, il y a parfois un peu de déchets, il faut donner le ballon à bon escient ou le lâcher plus vite, faire le bon choix. On mène largement à la pause et la meilleure façon de respecter cet adversaire, c’est que le score final soit encore plus lourd. Alors faites-vous plaisir ! »

Mission accomplie, un coach satisfait

La seconde période se joue sur le même tempo, les jeunes lillois ajoutent trois nouveaux buts par l’intermédiaire de Flips (50’, 55’) et Pau M. (87’). Le contrat du jour est rempli, même si la route vers les sommets - et plus particulièrement l’équipe première - est encore longue. Alors, au moment du débrief, le mot de la fin est naturellement pour Stéphane Dumont.
 
On refait le match. « Après un match, mon ressenti est avant tout lié au contenu et au résultat. Quand les deux sont au rendez-vous, c’est encore mieux. Je vais aller voir les joueurs, discuter un peu avec eux. Dès demain, on fera un petit debrief, on regardera, on écoutera, on fera un état des lieux des troupes. Et dès lundi matin, je serai à Luchin pour commencer à préparer la semaine d’entraînement et continuer à travailler. »

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En fusion avec ses joueurs « Le soir ? Je cogite un petit peu, mais pas autant que lorsque j’étais joueur. Je m’attache plus à la personne et à la performance individuelle, le travail collectif, je l’établis à un autre moment. J’essaye toujours de retirer deux-trois points positifs ou négatifs chez certains pour pouvoir les bonifier. Je suis fusionnel et proche de mes joueurs, même si je suis très exigeant avec eux. J’ai besoin de ça et je pense qu’ils me le rendent bien. »
 
Un immense merci à Stéphane Dumont pour sa disponibilité.