CONTEXTE. La grisaille de cette matinée ne parvient pas à décrocher son large sourire. Là-bas, à la sortie du vestiaire, Adama Soumaoro noue les lacets de ses chaussures de running, prêt à en découdre avec une nouvelle session de courses. Le solide défenseur lillois vient nous saluer, pendant que le kiné active son gilet GPS au bord du terrain. « C’est parti ?! », lâche-t-il, impatient, tout en débutant ses premières foulées à quelques mètres des ateliers sur lesquels ses partenaires s’entraînent…

Salut Adama. On vient prendre de tes nouvelles. Comment ça va ?

(encore un peu essoufflé) Très bien, merci. Je reprends petit à petit. Là, je suis content de ressortir, de retrouver le terrain pour courir, comme tu as pu le voir.
 

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Reprenons le fil. La dernière image que les supporters ont de toi en match est celle de ta sortie sur civière, le 4 avril dernier à Monaco. Que s’est-il passé depuis ?

Oui, c’est ça. C’était à Monaco, juste avant la mi-temps, j’ai senti un petit claquement et j’ai tout de suite compris : rupture du tendon d’Achille. Ce n’est pas un moment évident à vivre, c’est clair, surtout que l’équipe avait besoin de moi. Donc derrière, j’ai enchaîné avec l’opération, puis un mois et demi de plâtre, avant d’attaquer mon programme de rééducation
 

Où en es-tu aujourd’hui ?

(il s’essuie le visage avec son maillot) Je suis en phase de réathlétisation, c’est-à-dire que j’ai repris la course, d’abord sur de longues distances, puis maintenant en "intermittent", avant de passer prochainement au fractionné. Tout se passe très bien avec les kinés du club, le staff médical, je retrouve peu à peu mes sensations et je suis positif dans ma tête. 
 

C’est important, le mental dans ces moments-là, n’est-ce pas ?

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Très important, oui. Comme je te le disais, je connaissais déjà ce genre de blessure et tout le processus nécessaire pour revenir. Heureusement, je suis bien entouré. Le club est là pour moi, mes partenaires, ma famille, mes amis aussi. Et puis j’ai également reçu énormément de messages de la part des supporters, que ce soit dans la vie de tous les jours ou sur les réseaux sociaux, ça m’a fait plaisir. Je tiens vraiment à les remercier pour ce soutien. Tout ça me donne beaucoup de force, me permet de rester costaud.
 

En tout cas, ça nous fait plaisir de te retrouver sur le terrain. On imagine que tu en retires aussi de la satisfaction…

Complètement. Je ne vais pas le cacher, au fond de moi j’ai vraiment hâte de reprendre, de retrouver le jeu. Mais il ne faut surtout pas précipiter les choses et franchir chaque étape l’une après l’autre, histoire de revenir plus fort. Je suis éloigné des terrains depuis trop longtemps, c’est vrai. Et le foot me manque. Le simple fait de courir, de pouvoir ressentir l’odeur de la pelouse, de voir mes partenaires jouer à côté, me fait du bien. Même la pluie me manquait (sourire).


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Toi qui as vécu les nombreux changements de ces derniers mois de l’intérieur, quel regard portes-tu sur ce nouveau LOSC ?

Il est clair que le club est entré dans un nouveau projet avec un coach connu pour faire progresser les jeunes, de nouveaux joueurs. On a l’avantage d’être tous plus ou moins de la même génération, on s’entend très bien, on communique beaucoup ensemble, même si on ne parle pas tous la même langue. L’ambiance est bonne dans le groupe, vraiment. Et je suis fier d’en faire partie. J’espère qu’on ira loin ensemble. En tout cas on travaille énormément pour ça. 
 

Tu parlais du soutien reçu par les supporters. Avant de se quitter, qu’aimerais-tu leur dire ?

Tout simplement merci pour leurs messages. Je vais revenir plus fort, plus motivé que jamais et j’espère que tous ensemble, on gagnera beaucoup de matchs, qu’on ira loin. Je peux le dire, aujourd’hui, j’ai faim de foot !

 
Merci Adama. Bonne continuation dans ton processus de reprise ;-)

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