PAR MAXIME POUSSET

Derrière chaque joueur se cache un homme et derrière chaque homme, un voyageur. Mais qui es-tu, d’où viens-tu, où vas-tu, Luiz Araújo ?
 

NÉ AU MILIEU DES ORANGES

IMG_6501.JPGLoin de la carte postale et des plages touristiques de Rio de Janeiro, Luiz de Araújo Guimarães Neto nait à Taquaritinga, une “petite” ville de 55 000 âmes (minuscule à l’échelle des gigantesques mégapoles brésiliennes) à 300 kilomètres au Nord-Ouest de São Paulo. Issu d’une famille modeste, il grandit dans le quartier populaire de Vila São Sebastião. “Avant de devenir chauffeur-livreur et mère au foyer, mes parents étaient cueilleurs d’oranges dans ma région dont la culture principale est désormais la canne à sucre”, raconte cet aîné d’une fratrie de quatre enfants (2 frères de 9 et 20 ans, et une sœur de 17) avec qui il entretient une relation quasi-fusionnelle “Ils sont d’ailleurs actuellement chez moi à Lille, pour visiter la France et tenir compagnie à ma femme, enceinte d’une petite fille.
 

UN DIAMANT BRUT À POLIR, UNE FAMILLE À NE PAS DÉSUNIR

Très vite, le petit Luiz montre de franches dispositions pour le ballon rond. Assez pour enchaîner les tests au sein des meilleures écuries de la région. Malgré la rude concurrence dans un pays où le moindre essai rassemble plusieurs centaines de talentueux prétendants, il rejoint Mirassol, un club intermédiaire à 150 bornes de la maison familiale. Il a 16 ans. “Mes parents ont alors fait le pari de changer de travail pour rester auprès de moi afin que je réussisse une carrière. Devenir footballeur est mon rêve depuis tout petit. J’allais voir mon père jouer au foot (il évoluait au niveau amateur), je ne faisais et ne pensais qu’à ça. Tout le temps, à l’école, dans la rue…” À Mirassol, le jeune homme reste (seulement) huit mois, le temps de taper dans l’œil des recruteurs du mythique São Paulo FC.

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À 17 ANS, L’INDÉPENDANCE. COMME UN GRAND

Nous sommes en 2013. Luiz a 17 ans et quitte cette fois frères, sœur et parents pour plonger dans la jungle paulista et ses 12 millions d’habitants. “J’ai vécu tout seul pendant deux ans dans un logement du club, dans le quartier de Cotia. C’était très difficile, ma famille me manquait beaucoup et je ne pouvais pas rentrer souvent chez moi, on s’entraînait chaque jour. Dès mon premier contrat pro signé et mes salaires reçus, j’ai donc fait venir mes parents à São Paulo pour m’aider.” La famille Araujo change à nouveau de vie, dans le sillage du jeune Luiz, lancé sur les bases d’une prometteuse carrière.

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ET SÃO PAULO ADORA LUIZ ARAÚJO

Car footballistiquement, le jeune homme s’impose vite comme l’une des pépites du club qui a vu briller Cafú, Raï, Kaká, Lucas et tant d’autres légendes brésiliennes. Vainqueur (et meilleur buteur) de la Copa Libertadores (l’équivalent de la Champions League) des moins de 20 ans, il intègre très vite l’équipe première, devenant l’un des chouchous du mythique et immense Estádio do Morumbi (77 000 places). “J’ai vécu à São Paulo des moments d’émotion incroyables, les plus beaux de ma carrière, jusqu’à présent. J’ai travaillé dur pour réussir, tous les jours, sans relâche.
 

IL ÉTAIT UNE FOIS, UN HOMME DE FOI

L’observer genoux au sol, les doigts pointés vers le ciel suffit à comprendre que le jeune homme est très pieux. “Je suis croyant, je prie beaucoup et la religion occupe la première place dans ma vie. Tout ce qui m’arrive aujourd’hui est grâce à Dieu. Le Seigneur m’a donné un talent, celui d’être doué pour le football, de pouvoir faire carrière. C’est pourquoi quand j’entre sur le terrain, je lui demande de me donner de la force pour m’aider à réaliser un bon match, pour ne pas me blesser et ainsi garder ma famille à l’abri.
 

PAS DE SAUDADE. LILLE ? SA VILLE

Inutile de préciser que côté dépaysement, l’arrivée du jeune homme de 21 ans à Lille cet été s’apparente à un gigantesque saut dans l’inconnu. “L’adaptation à la vie française ? Il y a la barrière de la langue déjà, même si je prends des cours, mais aussi la nourriture, le climat, la culture. Ce n’est pas évident, c’est vrai, mais je le vis bien. Beaucoup de choses positives m’arrivent en ce moment, comme le fait que je vais être papa. J’aime la vie ici, Lille est une très jolie ville, avec de beaux bâtiments anciens, des gens agréables, accueillants et chaleureux. Je me sens bien et le projet du LOSC me plait beaucoup.”

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Venez goûter

 

LA PICANHA

Saviez-vous que les bouchers brésiliens ne découpaient pas le boeuf de la même façon que leurs homologues français ? C’est ainsi que le “picanha” (la partie supérieure du rumsteak), n’existe pas dans l’Hexagone… Et c’est bien dommage, tant les Brasilieiros s’en délectent, cuits au barbecue.“C’est peut-être le plat brésilien qui me manque le plus. Heureusement, un oncle qui est ici m’en apporte régulièrement.”

Comment le cuisiner ?
Une planche de Picanha par personne (2 à 4 cm d’épaisseur), huile d’olive, ail frais, gros sel et cuisson à point au grill, sur de longues broches.

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Une interview issue de #LOSCInTheCity numéro 2


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