7 heures, le réveil sonne au Domaine de Luchin. Dans 30 minutes, les 39 internes du centre de formation sont attendus au restaurant pour le petit déjeuner. Puis la journée s’enchaîne. L’école, d’abord : 8h30-10h30, on file à l’étage du bâtiment formation pour les cours du matin. Puis à 11 heures, entraînement. 13 heures, repas, puis retour en cours de 14 heures à 17 heures. Temps libre, jusqu’au dîner prévu à 19 heures, puis extinction des feux à 22h30.

"L'un des objectifs ? Les responsabiliser au maxium"

 
« En tant que lycée hors contrat, nous avons cette liberté d’offrir un volume horaire différent à nos lycéens qui ont entrainement chaque jour », note Sofiane Talbi. « On essaye donc d’être le plus efficace possible. Dans des classes à effectifs réduits, nos enseignants vont à l’essentiel et individualisent au maximum le travail. Cela demande également un investissement plus conséquent de la part des élèves ». Une recette gagnante, puisque le taux de réussite au bac l’année dernière était de 100% pour cette structure qui propose notamment un bac général, un bac STMG, ainsi qu’un CAP métiers du foot pouvant déboucher sur des BP spécialisés en métiers de la forme.
 
Au cœur d’un emploi du temps riche d’enseignements et d’entrainements de foot, nos jeunes Dogues reçoivent aussi de précieuses interventions socio-éducatives (prévention santé, média training, citoyenneté, solidarité, écologie...), dans le but de former également les citoyens de demain.

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« Nous avons pour objectif de les responsabiliser au maximum. C’est pourquoi ils doivent gérer eux-mêmes leur linge. Nous leur mettons une machine à laver à disposition et leur proposons des ateliers culinaires ou de gestion budgétaire avec des professionnels, pour qu’ils tendent vers leur autonomie ».

En parlant de prise progressive d’indépendance, trois appartements ont d’ailleurs été conçus à l’entrée du Domaine pour offrir à certains résidents assez matures (ou en quête de maturité) une semi-autonomie leur permettant une passerelle plus douce vers leur future vie indépendante. « Quoi qu’il arrive, il y a toujours un éducateur présent sur place, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Nos jeunes passent parfois plus de temps avec les éducateurs du centre qu'avec leurs propres parents, d'où la nécessité de leur inculquer des valeurs éducatives fortes et durables, mais aussi de les accompagner sur le plan logistique. »

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Chouchoutés les baby Dogues ? Oui, mais pas trop. « Nous avons conscience qu’il y a ici un certain standing, que les conditions de vie sont plus que satisfaisantes. Mais l’effet pervers réside justement dans le fait de trop les choyer et de développer chez eux un biais de réalité. Tout notre travail réside donc dans le fait de leur laisser une fenêtre sur le monde extérieur, de rééquilibrer de façon plus réaliste leur vision de l’avenir, mais aussi de leur garantir une insertion professionnelle avec ou sans foot. »
 
C’est là l’un des grands défis de la structure LOSC Formation. Offrir un avenir à chaque lycéen, qu’il fasse carrière dans le ballon rond ou non. Car tous ne marcheront pas sur les traces d’Eden Hazard, Martin Terrier, Benjamin Pavard ou Lucas Digne. D’où l’importance de développer ses compétences en dehors du cadre footballistique.

« Nous avons plusieurs exemples d’anciens joueurs n’ayant pas réussi à devenir footballeur professionnel, mais qui ont trouvé leur voie dans d’autres domaines, comme Florian Petitpretz qui a obtenu son bac ici, puis continué à se former sur du post bac. Il intervient d’ailleurs aujourd’hui comme formateur auprès de nos jeunes. Ou encore Guillaume Mollet, qui a pu intégrer une grande école, l’EDHEC, et poursuivre de brillantes études. » Parce que former les futurs footballeurs professionnels est un objectif, mais façonner les Hommes de demain, une obligation.


 

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