La grinta dans l’ADN

« J’ai commencé le foot avec mon frère jumeau, Patricio. On jouait dans les parcs de Buenos Aires. Je garde vraiment de très bons souvenirs de ces matchs de rue avec cette passion, cette ferveur argentine. Nous avons très vite rejoint un club, celui de Velez Sarsfield, dont nous étions supporters. On évoluait chez les petits et allions voir jouer les pros au stade. Mon exemple, c’était Diego Simeone qui était alors la star de l’équipe. Il a 5 ans de plus que moi. C’est lui qui venait nous remettre les trophées en fin de saison. On l’admirait tous. Après, nous avons signé à All Boys, une équipe elle aussi très passionnée, avec beaucoup de supporters, de grinta. Quand tu arrives chez les pros avec les couleurs du club qui t’a formé, tu es fier, c’est la meilleure chose qui puisse t’arriver. »
 

Une adaptation rapide à l’Europe

« En 1998, à l’âge de 23 ans, nous avons signé à Badajoz en Espagne, mon frère et moi. C’était la même langue et nous étions ensemble, on s’est donc très vite adaptés. J’y ai joué un an, c’est là que j’ai connu celle qui allait devenir ma femme, Erica. J’ai passé l’une de plus belles années de ma vie. Tout était génial et c’est aussi cette année-là que j’ai été retenu pour faire un essai au LOSC. »

Icon_ONZ_310702_18_04.png
 

« J’étais fait pour le LOSC »

« C’est Fernando Zappia, un ancien joueur du LOSC (1987-1989), Argentin comme moi, qui travaillait avec mon agent. Il a envoyé des cassettes à Philippe Lambert qui était dans le staff de Vahid Halilhodzic. En voyant les VHS, ce dernier a demandé à me voir à l’essai. Il aurait dit : « si ce joueur a en vrai au moins 50% des qualités qu’il a dans cette vidéo, je veux le voir. » Alors je suis venu pour un stage de pré-saison, à Saint-Cast, en Bretagne. C’était vraiment costaud, très dur, mais je me suis immédiatement rendu compte que j’étais fait pour le LOSC. J’ai signé en 1999. »
 

Un joueur de D2 devenu un joueur de Champions League

« Pourtant, sur le terrain, c’était très différent de ce que j’avais connu en Argentine ou en Espagne. Le championnat français est plus physique, tactique. Là encore, je me suis bien adapté au système. Vahid avait trouvé en moi le récupérateur qu’il cherchait, qui jouait sobre et qui pressait beaucoup. Il faut dire que nous avons tout de suite enchaîné les victoires, ça a beaucoup aidé. Il a fait de moi, de nous qui étions pour la plupart des joueurs de deuxième division, des joueurs de niveau Champions League. Il a su sortir le meilleur de moi-même, reconnaitre mon don. J’étais fait pour jouer dans son équipe. Grâce à lui, j’ai eu l’opportunité de disputer la Champions League. Pour ça, je dirai toujours merci Vahid, merci le LOSC. »

Icon_ONZ_220801_89_13.jpg
 

La clé de l’intégration ? Famille et amitiés

« Mon frère jumeau, Patricio, a à son tour rejoint la France un an plus tard, d’abord à Metz, qui l’a ensuite prêté à Wasquehal pendant une saison (2001-2002). C’était génial de se retrouver ensemble, on habitait tout près l’un de l’autre. J’avais essayé de le faire rentrer au LOSC, mais Vahid m’avait répondu : « On a déjà un D’Amico dans le vestiaire, alors deux, ce serait trop ! » (il se marre). L’adaptation à la vie lilloise n’a pas été facile au départ, car je ne parlais pas la langue. Mais le LOSC m’a rapidement fait prendre des cours de Français et je me suis lié d’amitié avec la famille Régent, qui vivait à La Madeleine. Ils ont quatre garçons supporters du LOSC. Ils m’ont beaucoup aidé. Je mangeais chez eux tous les midis, on faisait les courses… Ils m’ont fait découvrir la culture du Nord. Nous étions très proches. »
 

L’après carrière ? Aussi actif que sur le terrain

fern-equipe.jpg

« Après plusieurs expériences en France, en Espagne et en Grèce, je suis rentré à Badajoz en 2007 où j’ai terminé ma carrière deux ans plus tard. Je suis arrivé en Europe à 23 ans. J’en ai aujourd’hui 46, ce qui veut dire que j’ai passé la moitié de ma vie sur ce continent. Je suis aujourd’hui installé ici, en Estrémadure (région espagnole à la frontière portugaise). J’y vis avec ma femme et mes trois enfants. J’y ai notamment monté mon académie pour jeunes footballeurs qui grandit d’année en année. Nous avons parfois jusqu’à 300 enfants, garçons et filles, qui viennent suivre un programme d’entraînement, mais aussi éducatif. Sans compter nos stages de vacances qui sont connus dans toute la région. On y travaille les aspects tactiques, techniques, physiques mais aussi mentaux. »
 

Un mental d’acier aujourd’hui enseigné

« Parallèlement à mon école de foot, j’ai passé plusieurs diplômes nationaux de coach, que ce soit en Espagne et en Argentine. Je me suis ensuite spécialisé dans le coaching mental en passant tous les diplômes possibles ces dix dernières années, notamment à l’université de Madrid. Cela m’a permis d’accompagner des sportifs pour améliorer leur mental, les aider à accomplir leurs objectifs, à gérer leurs émotions. J’adore ça. Ma force dans le foot a toujours été mon mental, mais j’avais besoin de l’étudier à l’université pour comprendre d’où ça me venait et comment l’enseigner aux autres, comment aider les joueurs, mais aussi les équipes, les jeunes à ne rien lâcher, à se surpasser dans l’adversité, à s’adapter à de nouveaux contextes, à de nouveaux pays… »
 

PLUS QU’UN LIVRE POUR ENFANTS, UN PROGRAMME DE COACHING

« J’ai aussi voulu développer mon programme de coaching mental à travers des livres pour enfants, afin de transmettre certaines valeurs aux plus jeunes. Il y a d’abord eu le livre Happy Foot, en 2016, puis la saga Game Futbol, dont le premier tome ("Infini") a été traduit en Français, en attendant les prochains très bientôt. Ces livres sont de véritables outils qui permettent de travailler des procédés de coaching. Je passe beaucoup de temps à les présenter de façon ludique et dynamique, que ce soit dans les écoles ou les clubs sportifs. Les enfants ont beaucoup d’énergie. À travers mes outils, j’essaye de leur apprendre à la canaliser, à se concentrer. C’est ça le talent, savoir canaliser son énergie pour mieux la faire sortir. »
 


Apprendre à gérer la nervosité, la colère, la peur, la joie…

FBHyFtvXMAEcUor_0.jpg

« Game Futbol, Infini, le premier tome, qu’on vient de sortir en France, raconte l’histoire d’un groupe d’amis, filles et garçons, qui jouent à un jeu vidéo de foot. Ils doivent réussir l’impossible, à savoir s’introduire physiquement dans le jeu et disputer 7 niveaux en équipe. On retrouve donc toutes les difficultés d’un match de foot, mais aussi les émotions qui y sont liées : la nervosité, la peur, la colère, la joie, l’énervement… Ils doivent les surmonter collectivement et individuellement. C’est donc une façon d’apprendre à gérer ses émotions tout en s’amusant. Les chapitres sont des niveaux, comme dans un jeu vidéo. »

Venez rencontrer Fernando D’Amico ce samedi 9 octobre, de 15 heures à 18 heures à la boutique LOSC Lille Centre, 38/44 rue Faidherbe pour une séance de dédicaces de son livre. L’occasion d’échanger avec cet ancien joueur aux valeurs de solidarité, de générosité, de combativité et de goût de l’effort qu’aucun supporter d’hier et d’aujourd’hui ne peut oublier.
 


E-YO92nXMAkLInI.jpg

Fernando D’Amico

 

Né le 10 février 1975 à Buenos Aires Argentine.png

Ex milieu de terrain défensif (très actif)

Clubs successifs :
Argentine.png Velez Sarsfield
Argentine.png CA All Boys
Argentine.png Huracán Corrientes (1995-1997)
Argentine.png Quilmes AC (1997-1998)
Espagne.png CD Badajoz (1998-1999)
France_5.png LOSC (1999-2003)
France_5.png Le Mans UC (2003-2005)
Espagne.png Pontevedra CF (2005-2006)
Grèce.png Ethnikós (2006)
Espagne.png CF Extremadura (2006-2007)
Espagne.png CD Badajoz (2007-2009)