Martin, bonjour. Depuis cet été, tout va très vite pour toi. Comment le vis-tu ?
Signer un premier contrat pro dans son club formateur, c’est une fierté pour moi, ma famille et ceux qui m’entourent. Je suis au LOSC depuis l’âge de 6 ans, cette signature est vraiment un aboutissement, même si j’ai aussi conscience que ce n’est qu’une étape. Je suis natif de Bailleul et trois fois par semaine, mon père effectuait plusieurs allers-retours vers Lille pour  son travail, puis pour m’emmener à l’entraînement le soir sur Villeneuve d’Ascq. Mes parents ont fait énormément de sacrifices, je les remercie. Et je suis d’autant plus fier pour eux.
 
Et il a aussi fallu que tu te fasses une place dans le groupe…
Reprendre avec les pros était au départ mon objectif principal. J’ai alors redoublé d’efforts pendant la préparation. J’ai vu que le coach Antonetti me faisait confiance. C’est d’ailleurs lui qui m’a lancé dans le grand bain de la Ligue 1 contre Bastia. Je n’ai nourri aucun complexe, j’ai pris ce qu’on me donnait. Il fallait que je morde dans le ballon à pleines dents. Aujourd’hui, je continue ma progression. À la base, je suis un peu timide de nature. Le fait d’enchaîner les apparitions me permet de prendre davantage confiance en moi.

161221terrier04.jpg
 
Cette première contre Bastia (2-1), tu nous racontes ?
J’en ai eu des frissons quand le coach m’a dit avant le match que j’allais rentrer en cours de jeu. Au départ, je ne m’attendais même pas à être dans le groupe alors tu te rends compte… J’ai senti un peu de pression. Je me suis préparé mentalement à cette éventualité. Quand il m’a appelé (son regard se perd dans le vide), cela a été tellement vite… Et quand je suis entré sur cette pelouse, les supporters ont un peu scandé mon nom, tu imagines ce que j’ai pu ressentir sur le coup…
 

“Je vais me battre pour être dans le groupe des 18 chaque week-­end et grappiller des minutes de jeu”

 
Puis vient ce match de Coupe de la Ligue face au Paris Saint-Germain (3-1)…
Je ne m’attendais vraiment pas à démarrer cette rencontre. Je l’ai appris à la causerie. J’ai été  surpris au départ, puis très fier. Forcément, au début, j’étais un peu impressionné. Mais les anciens m’ont vite mis dans le bain pour que je puisse commencer le match dans des conditions idéales. Et débuter par une titularisation au Parc des Princes, ce n’est pas rien, face à l’un des meilleurs clubs d’Europe. Au-delà du résultat, ce moment restera gravé, c’est  certain. Ça booste pour la suite.
 
C’est quoi la prochaine étape ?
Déjà, je vais me battre pour être dans le groupe des 18 chaque week-end et grappiller des  minutes de jeu. C’est mon principal objectif. Je vais y aller étape par étape pour essayer de m’imposer. Je me dois aussi d’être décisif, car jusqu’ici, j’ai eu quelques occasions franches, sans parvenir à les concrétiser. Il faut que je m’améliore dans ce domaine. Je suis patient, ça va venir… Je sais aussi que tout va très vite dans un sens comme dans l’autre.

161221terrier03.jpg
 
Ça te fait quoi aujourd’hui de porter ce maillot du LOSC chez les pros…
Lorsque je suis arrivé au LOSC, si on m’avait dit qu’à 19 ans je jouerais avec les pros au Parc des Princes, je ne l’aurais pas cru. Tous ces joueurs, je les regardais à la télé ou je jouais avec eux, mais sur FIFA au jeu de foot (rires). Je suis passé d’un coup du virtuel à la réalité. Ça fait bizarre au début.
 
Tu as aussi eu le droit d’avoir un numéro, le 28 à la place du 33. Tu nous expliques ?
C’est un choix du club, il n’a pas une signification particulière. Maintenant, j’espère qu’il va me suivre… Benjamin Pavard le portait juste avant moi. On se connait bien, il m’a donc forcément chambré quand il l’a appris. Il m’a dit que ce n’était pas un numéro de buteur (il se marre). Je lui ai répondu qu’on ferait les comptes en fin de saison.
 
Ce mercredi, le LOSC reçoit Rennes pour boucler la boucle de 2016. Comment imagines-tu ce match ?
Gagner devant nos supporters serait le meilleur cadeau à leur offrir. Prendre trois nouveaux points nous ferait du bien au classement avant cette trêve hivernale. Mais il faudra se méfier de cette équipe rennaise qui a pris une claque en Coupe de la Ligue à Monaco (7-0). Car une bête blessée, c’est dangereux. À nous de les presser d’entrée et d’être efficace en marquant rapidement, comme contre Caen et Montpellier.

161221terrier02.jpg