Frédéric, on imagine que, comme pour Rudi Garcia, la réception de Dijon représente plus qu’un simple affrontement entre équipes de Ligue 1 ?
Effectivement. J’ai tout de même passé six ans dans ce club (2002-2008). Maintenant, si je regarde précisément l’effectif de Dijon, il ne reste qu’un joueur que j’ai côtoyé. Il s’agit de Christophe Mandanne, un attaquant que Rudi n’a même pas connu puisqu’il est arrivé lors de ma dernière saison là-bas (l’entraîneur des Dogues est passé à Dijon de 2002 à 2007).

Ce rendez-vous s’annonce donc fort émotionnellement…
À vrai dire, les sensations seront sans doute plus fortes au match retour (prévu le 21/04/2012) car, si mes souvenirs sont bons, nous ne sommes pas retournés au stade Gaston Gérard depuis notre départ. Après, au niveau du staff, il reste dans nos connaissances Vincent Buatois (le préparateur physique), Jérôme Monier (l’entraîneur-adjoint) avec qui j’ai joué à Reims et bien évidemment le Président Gnecchi.

Te souviens-tu de votre arrivée en 2002 ?
Bien sûr. Quand nous avons intégré Dijon en 2002, je venais d’entraîner Béziers en CFA 2, tandis que Rudi sortait de son expérience avec Saint-Étienne. Mais pour pouvoir atterrir au club à deux, il fallait qu’il se maintienne d’abord en National, ce qui fut le cas à la dernière journée de la saison 2001-2002.

Que s’est-il passé ensuite ?
On a mis le bleu de chauffe, on s’est retroussé les manches, avec comme objectifs de réussir à monter en Ligue 2 et de professionnaliser le club, bref, tout ce qu’on a réussi à faire en 2004. Il fallait aussi que Dijon se structure, notamment par l’élaboration d’un centre d’entraînement. Le Président Gnecchi nous donnait les moyens suffisants pour qu’on se crée notre cocon et qu’on puisse travailler de manière très fonctionnelle. À notre départ, le club  a connu quelques évolutions concernant son stade. Ce fut donc une belle expérience.

Qu’est-ce qui fut le plus marquant ?
Au-delà des trois bonnes saisons qu’on a réalisées avec Rudi en Ligue 2, en finissant souvent dans le sillage du podium de la montée en Ligue 1, la saison la plus riche en émotion fut celle de 2003-2004 : on s’est hissé jusqu’en demi-finale de la coupe de France et on a obtenu notre ticket pour la montée en Ligue 2… Ses années-là furent vraiment formatrices pour nous.

Pourquoi es-tu resté une année de plus que Rudi Garcia ?
Tout simplement parce que Rudi a eu l’opportunité de partir au Mans. Et comme dans la vie, il faut faire des choix, il a décidé de quitter Dijon à l’été 2007. À l’époque, on lui avait proposé de travailler avec un adjoint, Arnaud Cormier (aujourd’hui entraîneur du Mans FC), ce qui me promettait un autre rôle si je l’avais suivi. Il faut dire que j’étais bien investi dans le projet dijonnais : je m’entendais parfaitement avec le Président et ma femme était responsable de l’événementiel. Il n’était donc pas plus mal que je reste.

"J’ai dans un premier temps commencé à travailler sur la saison du Mans. Sauf que dix jours après, nous prenions la direction de Lille…"


Puis toi aussi, tu es parti de Dijon…
Oui, j’ai d’abord eu l’opportunité de rejoindre Rudi au MUC 72 à l’intersaison 2008. Nous n’avions pas encore de contacts avec le LOSC. J’ai dans un premier temps commencé à travailler sur la saison du Mans. Sauf que dix jours après, nous prenions la direction de Lille…

Depuis cette saison, le DFCO évolue en Ligue 1. Quel regard portes-tu ?
Avec Patrice Carteron, Dijon a trouvé la personne idéale pour la montée au sein de l’élite. Au regard de l’effectif, on observe qu’il y a des joueurs qui évoluaient en CFA ou en National il y a un an et demi seulement. On ne peut donc que saluer le travail effectué. Par rapport à cela, obtenir le maintien en Ligue 1 cette saison représente un peu leur Champions League à eux.

Quels sont les atouts des Dijonnais ?
Concernant les individualités, ils possèdent des joueurs de qualité, à l’image de Benjamin Corgnet, leur meilleur buteur. Leur gardien de but aussi, Baptiste Reynet, issu de Martigues, est très performant. Ils ont ensuite des joueurs de côté intéressants, que ce soit Éric Bauthéac, Mehdi Courgnaud ou Thomas Guerbert. Et évidemment Brice Jovial devant qui leur met des buts.

Dimanche, à quelle type de formation le LOSC doit-il s’attendre à affronter ?
Après, dans le jeu, s’ils laissent généralement la possession du ballon à l’adversaire, ils ont une capacité d’explosion en contre-attaque très importante, avec une grosse débauche d’énergie. On risque de rencontrer le même cas de figure que face à Trabzonspor mercredi. Soyons donc patients et trouvons l’ouverture.

Merci Frédéric Bompard.