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Mais qui es-tu, d’où viens-tu, Jonathan Bamba ?
P7 ITV BAMBA EQUIPE AVEC JUMEAU.jpg(sourire) Je suis né et j’ai grandi à Alfortville (94), dans le quartier des Alouettes. C’est là-bas que j’ai commencé le foot, en bas de chez moi, sur un terrain en synthétique. J’ai signé ma première licence dès 6 ans, à Charenton, avant de rejoindre l’UJA Alfortville trois ans plus tard (Jonathan est le troisième en partant de la gauche, en haut, sur la photo. Quant à son frère jumeau, il est le cinquième en haut en partant de la gauche). Saint-Étienne m’a alors repéré et j’y ai signé dès l’âge de 11-12 ans. Mais je suis d’abord allé en sport-études au CREPS de Reims, avant de rejoindre le centre de formation de l’ASSE à 15 ans.

Tu as donc quitté le foyer dès 13 ans. On imagine que ce n’est pas facile à vivre à cet âge…
Oui, j’avoue que ce n’était pas évident au début. Mais quand tu es passionné, tu te concentres sur ton rêve, celui de devenir footballeur professionnel. Alors bien sûr, tu sais que les chances de percer sont minimes, mais tu t’accroches. Mentalement, c’est vraiment diffi cile. À l’âge où tes copains profitent, toi tu dois rester sérieux, rentrer tôt…

Qui étaient tes modèles quand tu étais enfant ?
181008bamba.png(sans hésiter) Ah, moi, c’était Ronaldinho ! J’ai toujours été attaquant, j’adorais dribbler et j’avoue que Ronnie, il me faisait rêver. Il faisait rêver tout le monde, d’ailleurs. Je suivais pas mal le PSG quand j’étais jeune. J’essayais de m’inspirer de lui, de me faire plaisir de temps en temps avec un geste un peu
original, mais j’étais surtout admiratif de son sens du collectif.

À Sainté, tu franchis tous les échelons jusqu’à être lancé chez les pros en 2015. Mais face à la concurrence, tu manques de temps de jeu. Comme beaucoup de jeunes joueurs, ton avenir passe d’abord par un prêt.
Oui et pour moi, c’était le Paris FC (janvier à juin 2016). Cela m’a permis de me rapprocher de ma famille, de découvrir le monde pro, car j’étais fi nalement un joueur de CFA qui n’avait que quelques bouts de matchs en Ligue 1. Cette expérience m’a aussi permis de sortir de mon confort, de découvrir la
Ligue 2, un championnat diffi cile. Je suis donc revenu à Saint-Étienne plus mature.

Tu es ensuite prêté à Saint-Trond, en Belgique pour une demi-saison assez contrastée (juillet à décembre 2016). Qu’en gardes-tu ?
Ce n’est pas un échec, car j’en retire malgré tout du positif. J’ai découvert une autre mentalité, une façon de travailler différente, une autre langue aussi, puisque là-bas, on parle flamand. J’ai grandi en tant qu’homme. À la trêve hivernale, j’ai demandé à partir car je n’avais pas le temps de jeu que j’étais venu chercher. J’ai alors terminé la saison en prêt à Angers, en Ligue 1. Et là-bas, j’ai eu la confiance du staff. Je me suis éclaté sportivement comme humainement. J’ai vraiment vécu six mois de feu.

Six mois de feu aux côtés d’un certain Nicolas Pépé. Déjà…
(il sourit) Oui, on ne se connaissait pas du tout avec Nicolas, mais on a tout de suite accroché. Notre relation s’est vraiment construite naturellement, que ce soit sur le terrain ou en dehors. Il faut dire qu’on était les deux plus jeunes de l’équipe, on était donc souvent ensemble.

Alors quand tu l’as retrouvé au LOSC cet été, j’imagine que la complicité n’a pas été longue à revenir.
Complètement. Et puis je connaissais aussi "Jorko" (Ikoné) avec qui j’avais joué en sélection. Nous avons des affi nités sur le terrain comme dans la vie de tous les jours. On parle le même langage, on est originaire de la même région et quand des choses vont moins bien, on arrive à s’expliquer tranquillement. Il y a des amitiés mais pas de clans. C’est d’ailleurs ce qui fait la force de notre équipe. Tout le monde est dans le même délire, se parle naturellement. On tire tous dans le même sens.

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