José, comment vas-tu ? Comment te sens-tu ? 
On traverse une période difficile, très difficile même... Je le ressens. Habituellement, je suis quelqu’un de positif, mais avant notre déplacement à Brest (prévu le 14 mars dernier), je n’étais pas à l’aise avec la situation. Il y avait de l’inquiétude dans le vestiaire, je l’ai ressenti. Mais c’est normal, car avant d’être des joueurs professionnels, nous sommes des êtres humains. Nous ne sommes pas des machines.
 
Cela doit être difficile de s’entraîner ? De rester dans le rythme de la préparation ?
Oui c’est problématique, je ne peux pas le nier. Mais qui suis-je pour me plaindre ? Ce n’est pas le moment de penser à soi. Il ne faut surtout pas se montrer égoïste… Il faut voir plus loin et penser à tous ceux qui souffrent actuellement. J’ai joué au Portugal, en Angleterre, en Chine, en France maintenant, et ça me fait mal de voir autant de personnes malades. Je prie pour eux. Dans ces moments durs, le football, et le sport en général, passent au second plan. C’est logique.

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On imagine que le staff a concocté des programmes pour chacun d’entre vous ?
Oui, on reçoit de la part du staff des programmes de préparation précis. On sait ce qu’on doit faire. Après forcément, ce n’est pas la même chose qu’un entraînement classique à Luchin, mais on doit s’adapter. Nous pouvons d’ailleurs compter sur le staff qui est là pour nous aider. En plus des informations, le staff nous contrôle quotidiennement avant et après les entraînements. Régulièrement, le club prend de nos nouvelles. On ne se sent pas seuls. Pour les plus jeunes joueurs de l’effectif, c’est important d’être accompagné.

"C'est une prise de conscience collective. On a tous un rôle à jouer pour lutter contre ce virus"

 
En tant que sportif de haut niveau, ne ressens-tu pas un certain manque du fait de l’absence de terrain ?
Bien sûr qu’il y a un manque. C’est évident, parce que durant la saison, on est tous ensemble. On forme un collectif. Mais grâce aux réseaux sociaux, on garde le contact. Quelque chose de fort nous unit. On s’aide, on s’écoute. Mais on reste des compétiteurs. On se doit de travailler dur, chacun de notre côté, pour se respecter comme de vrais coéquipiers. Avec un grand C.
 
Si tout le monde est concerné par cette pandémie, on imagine que vous sportifs, dont l’outil de travail est votre corps, êtes encore plus concernés et sensibilisés par les gestes de prévention ?
Oui, c’est le cas. Je suis très vigilant… Mais au-delà du fait d’être sportif, je suis père de famille, j’ai deux enfants, Luca et Luna. Donc forcément, je fais très attention. On le fait ensemble. Je leur explique les gestes de prévention afin qu’on puisse tous se protéger. Ils sont très appliqués et ça me fait plaisir de voir ça aussi. C’est une prise de conscience collective. On a tous un rôle à jouer pour lutter contre ce virus.  
 
Quel message aimerais-tu faire passer à nos supporters pendant cette période ?
De rester forts, solidaires et surtout rigoureux. Je veux aussi que nos fans prennent soin de leurs proches. D’ailleurs, j’ai également une pensée pour tous les Lillois, car j’aime profondément cette ville depuis le premier jour de mon arrivée ici. J’espère que bientôt, je pourrais reprendre mes bonnes vieilles habitudes de balade dans le Vieux Lille (sourire). Cela voudra dire qu’on en aura terminé avec cette pandémie. Le sport reprendra alors toute sa place dans ma vie.

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