Après-guerre, le LOSC dispose de deux stades, qu'occupaient précédemment les deux clubs qui ont fusionné en 1944 : le stade Jules-Lemaire, où jouait le Sporting Club de Fives ; et le stade Henri-Jooris, anciennement stade Victor-Boucqey, où évoluait l'Olympique Lillois. Le LOSC joue alternativement dans l'une et l'autre enceinte et, ce 17 février 1946, c'est à Henri-Jooris que se tient l'un des sommets du championnat : le LOSC, deuxième, reçoit son voisin et rival lensois, qu'il ne devance qu'au goal-average.

Henri-Jooris a fait le plein : 17 000 personnes se sont entassées dans les tribunes ; il a même fallu repousser des milliers d'autres amateurs ! Mais plusieurs centaines de resquilleurs profitent de règles de sécurité de l'époque pour se placer sur les toits des habitations alentours, sur les panneaux publicitaires, et sur les toits des tribunes. Personne ne s'inquiète, et le stade explose même de joie dès la 23e seconde avec l’ouverture du score lilloise de René Bihel. Un quart d'heure plus tard, c'est la catastrophe : le toit d'une des tribunes ne résiste pas au poids des spectateurs et s'effondre sur ceux situés en dessous. Après une minute de panique, le calme s’impose et la solidarité s’organise. Compte-tenu des circonstances, le bilan est somme toute léger : 53 blessés.

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Le match reprend 20 minutes plus tard alors que les abords du terrain sont bondés, et que des blessés sont soignées à même la touche. Les Lensois protestent, estimant que c’est injouable, et posent d’ailleurs une réclamation. Mais le jeu reprend, et les Sang & Or égalisent par André Doye. Juste avant la pause, Boleslaw Tempowski reprend une frappe sur le poteau de Bihel et marque le deuxième but lillois ! En seconde période, Tempowski ajoute un nouveau but, et le LOSC s’impose 3-1, rejoignant ainsi Saint-Etienne en tête du championnat. La réserve déposée par les Lensois ne donne rien. Dommage pour eux : ils ne rattraperont jamais les Lillois, qui filent vers leur premier titre de champion de France.
 
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