Lui, c’est Jacques Verhaeghe. D’ailleurs, si vous tombez en ces pages (ou en d’autres) sur un cliché des Dogues en noir et blanc, il y a fort à parier qu’il soit signé de ses initiales. Méconnu du grand public, cet amoureux du LOSC en est tellement transi qu’il a, au fil du temps, enfilé plusieurs casquettes. Souvent comme bénévole : photographe, donc, mais aussi membre de la commission d’animation, secrétaire administratif, commissaire, responsable adjoint de la sécurité, chargé d’accueil des adversaires, archiviste…

 

PLUS QU’UNE COLLECTION, UN MUSÉE

Pourtant, rien ne prédestinait ce natif de Loos-en-Gohelle aujourd’hui âgé de 76 ans, à succomber aux charmes du club rival. Jusqu’à ce qu’il rencontre André Strappe, originaire comme lui du bassin minier et vedette d’un LOSC dont il s’éprend dans les années 50. “Son beau-père travaillait avec le mien, à la mine. Du coup, il passait souvent au café-tabac que tenait ma mère. Il est devenu mon idole et mon ami. C’est à cause de lui que j’aime le LOSC” (sic). À ce propos, ne le qualifiez pas d’historien du LOSC, il le réfuterait illico, élargissant son expertise au football lillois (voire nordiste) tout entier. Car pour Jacques, le club à la tête de Dogue existait bien avant 1944, c’est juste qu’il portait les noms de SC Fives et de l’Olympique Lillois. “Toi, sans tes parents, tu n’existerais pas ? Eh bien c’est pareil pour le LOSC…”, lâche cet ancien responsable d’entrepôt d’une grande (et célèbre) librairie lilloise, attaché à ses racines nordistes.

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Pour tout amoureux du LOSC, Jacques Verhaeghe est le genre d’homme avec lequel vous pourriez parler pendant des heures. Le genre à vous citer, de tête, le score, la date et les buteurs d’un match des années 50. Le genre à appeler, furieux, la rédaction des médias du LOSC car une erreur de date figure dans un article. Jacques Verhaeghe est un passionné comme on n’en fait plus. Vous ne trouverez d’ailleurs pas un seul ouvrage sur l’histoire du club losciste dans lequel son nom n’apparaît pas, au moins à titre de remerciement. Car par-delà ses milliers de photos (de très bonne qualité), celui qui a connu les quatre stades lillois (Henri-Jooris, Grimonprez-Jooris, le Stadium et le Stade Pierre Mauroy) est aussi un collectionneur de maillots, fanions et autres reliques du LOSC d’hier. Sa collection, la plus vaste existante, a même plusieurs fois fait l’objet d’expositions, en attendant un jour peut-être de figurer dans un musée à part entière. Son rêve intime.

Mais que serait cet amour du LOSC sans le sérieux, la rigueur, la fiabilité, mais aussi le sens de l’accueil qui le caractérise ? Oui, Jacques est un personnage, un personnage sur lequel le LOSC s’appuie aujourd’hui encore, puisqu’il occupe la fonction de responsable de l’accueil des officiels (adversaires, arbitres, délégués, techniciens anti-dopage…) les soirs de match au Stade Pierre Mauroy. Si vous voulez savoir ce qui compte le plus pour lui, il vous répondra dans un regard bleu : “Bien représenter mon club. Ma plus belle récompense, c’est quand les dirigeants adverses quittent le stade, même après une défaite, en me disant merci pour l’accueil. Moi, ça me suffit…