Salut Léo. Cela fait maintenant de nombreux mois que tu as posé tes valises en France. Comment te sens-tu dans ta nouvelle vie ?
Très bien. Je m’adapte petit à petit à mon nouveau pays, à cette nouvelle langue pour moi. C’est la première fois que je suis confronté à cela. Mais j’apprends. J’aime beaucoup la ville de Lille et ses restaurants. Le centre-ville est magnifique, très différent culturellement de ce que j’ai pu connaitre au Brésil. C’est vraiment enrichissant. J’aime aussi beaucoup le LOSC, ce qui m’aide dans mon intégration. Car je pense que quand tu aimes ce que tu fais, la motivation vient naturellement.
 
Revenons un peu sur ton parcours. Comment es-tu arrivé au football ?
J'ai débuté à jouer au ballon un peu après la victoire du Brésil à la Coupe du Monde 2002. J’avais 7 ans, j’ai commencé dans des petits clubs de ma ville de Ribeirão Preto, dans l’état de São Paulo (au Sud-Est du pays). J’ai ensuite signé à Olé Brasil, l’un des principaux clubs de la ville, avant de me faire repérer par Grêmio, l’un des plus grands centres de formation du Brésil, à Porto Alegre.
 
Nous sommes en 2012, tu as 17 ans et tu quittes alors ta famille pour rejoindre l’académie du club qui a notamment vu passer Valdo, Ronaldinho ou encore Michel Bastos, à plus de 1 500 kilomètres de chez toi.
Ce ne fut pas évident au début, je dois bien l’avouer, notamment au niveau de la météo. À Porto Alegre, comme dans une bonne partie du sud du Brésil, les températures peuvent être très froides. Et puis c’était la première fois que je quittais mes parents, mais je ne pouvais pas rater cette grande opportunité. J’ai donc tout donné pour réussir. Là-bas, j’ai rencontré des personnes qui m’ont aidé à grandir, même si mes parents venaient régulièrement me voir malgré la distance. Ils ont toujours été très présents pour moi.

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Après deux ans au centre de formation, tu intègres le groupe pro. Un rêve de gosse, on imagine…
Oui. Je n’oublierais jamais le Grêmio qui restera pour toujours le club où j’ai débuté, où je suis devenu pro. J’y ai aussi remporté des titres très importants, comme la Copa Libertadores (équivalent sud-américain de la Champions League), en 2017. Cette saison-là, je n’étais pas le gardien titulaire, mais j’ai vécu cette aventure à fond, j’ai participé à tous les entrainements, tous les déplacements. Je me sens donc moi aussi champion d’Amérique du Sud, même si je n’ai pas joué. Professionnellement, j’ai beaucoup appris.
 
À l’été 2018, le Grêmio te prête à Rio Ave, au Portugal. Vis-tu ce challenge comme une opportunité ?
Complètement ! Comme un défi incroyable qui s’offrait à moi de pouvoir venir jouer en Europe. Là encore, je n’ai pas hésité une seconde. Tout comme j’ai quitté ma ville natale pour Porto Alegre, j’ai quitté le Brésil pour le Portugal avec la même motivation et soutenu par mon épouse et ma famille. Le fait que nous parlons la même langue m’a permis de m’intégrer très rapidement dans un club qui a vu passer de très bons gardiens juste avant moi, comme Jan Oblak (Atlético Madrid) et Ederson (Manchester City), deux des meilleurs du monde aujourd’hui. J’avais donc une excellente image de Rio Ave, ou j’ai passé une magnifique saison.
 
Eté 2019, nouveau virage dans ta jeune carrière. Et nouveau déménagement. Cette fois, c’est la France et le LOSC.
Dès que j'ai su que le LOSC voulait me recruter, j’ai tout de suite accepté et dit aux personnes concernées que c’était ici que je voulais venir depuis le départ, malgré d’autres offres. J’aime le projet, le défi qui m’est proposé ici, même s’il y a forcément quelques barrières à franchir au début, comme la langue. Je suis donc encore en phase d’adaptation, d’intégration. Sans manquer de respect à personne, je veux simplement trouver ma place ici et réussir à m’imposer pour aider le club à continuer d’écrire son histoire, tout en écrivant la mienne.
 
Le championnat de France a connu beaucoup de Brésilien, mais rarement des gardiens. Tu es d’ailleurs le premier de l’histoire du LOSC…
Ah oui ? (il sourit) J’ai toujours voulu être gardien. J’aime ce poste, depuis tout petit. Mon idole, c’était Marcos, le goal du Brésil à la Coupe du Monde 2002. Quand j’étais enfant, je l’admirais. La Seleção a toujours eu de grands gardiens, comme Dida par exemple. Mais pour moi ça restera Marcos. Lorsque j’ai été sélectionné avec le Brésil U20, j’ai ressenti quelque chose d’unique, d’inoubliable. Porter ce maillot, c’est le Graal, le rêve pour tout jeune footballeur brésilien. C’est donc un rêve qui s’est réalisé.

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