Comment ne pas être saisi par l’émotion en ce dimanche 29 mai 2011 ? Ce groupe lillois-là vient de vivre des moments exceptionnels, fabuleux, historiques, inoubliables. Le doublé Coupe de France-Championnat, les Dogues sont allés le chercher, alors que cela faisait soixante-sept ans qu’il les fuyait… c’est dire ! Aujourd’hui, s’il est encore difficile de mesurer la portée de cet immense exploit, le seul souhait qui anime le Stadium Lille Métropole, c’est de fêter dignement ses héros lors de cette ultime journée de Ligue 1 face à Rennes. Pour joueurs, staff et peuple lillois, il s’agit de partager une soirée magique. Il est fortement probable qu’elle sera aussi remplie de quelques larmes de bonheur pour les titrés qui soulèveront l’Hexagoal à l’issue de la rencontre, mais aussi de tristesse pour ceux qui vont quitter le club comme Adil Rami. Bref, un soir qui fera date dans l’histoire du LOSC, c’est certain.

Ils n’auront rien lâché… jusqu’au bout

Alors qu’on entonne les « Campeon ! Campeon ! » dans les travées de Villeneuve d’Ascq, le Stade Rennais réserve une très belle haie d’honneur au Champion de France 2010-2011, le LOSC, qui entre sous une splendide standing ovation. L’instant est intense. Mais il y a bien un match à disputer, contre des Bretons qui veulent conserver leur cinquième place. Après un quart d’heure de jeu plaisant, délié, assez enlevé, les Lillois se procurent un coup franc plein axe que Cabaye ne parvient pas à cadrer (16’). Dans l’autre sens, M’Vila met Landreau à contribution qui, d’une main ferme, s’interpose sur le tir de l’international français (22’), avant de stopper le coup franc cadré de Brahimi (23’). Derrière, les hommes d’Antonetti ouvre la marque avec beaucoup de réussite : Chedjou reprend un centre et expédie, contre son gré, le cuir dans la lucarne lilloise (0-1, 27’). Mais les Dogues ne sont pas champions pour rien. La réaction d’orgueil intervient sur un chef d’œuvre de passe d’Hazard en piqué qui contraint le défenseur rennais à faire faute sur Sow parti dans son dos. L’actuel meilleur buteur de L1 ne se fait pas prier pour faire grimper son total à vingt-trois buts (1-1, 35’). Et à la vue de la prestation des Nordistes, c’est amplement mérité. S’en suivent quelques merveilles d’actions collectives loscistes qui ont tant fait rêver cette saison, dont une à l’issue de laquelle Gervinho est à deux doigts de trouver la lucarne (41’). On atteint la pause sur ce score de parité assez logique.

Chapeau Monsieur Sow

Peu après la reprise, les Lillois se font de légères frayeurs, mais Landreau veille au grain, par deux fois : il oblige d’abord Montano à enlever son shoot suite à un bel arrêt (53’) et bloque le puissant tir de M’Vila (56’). Ces alertes repoussées, les Dogues repassent à l’attaque. Et ce mode là, ils en connaissent un rayon : Hazard sert Sow légèrement sur la droite, le Sénégalais part inscrire un magnifique doublé (2-1, 61’). Il n’en fallait pas moins pour mettre le Stadium en ébullition : « qui ne saute pas n’est pas Lillois ! » s’écrie tout un stade. Magique… Le score aurait même pu s’alourdir sous le coup de boutoir de Frau qui trouve le poteau gauche sortant de Douchez (65’). Pour le hat-trick de Sow, on y assiste presque alors qu’il tente une « Madger » arrêté par le portier breton (73’). Mais c’est sans compter sur le côté altruiste de Gervinho, qui offre plus tard un caviar à son attaquant (3-1, 76’). Sow a triplé la mise et peut sortir sous les ovations de son public : il finit bien meilleur buteur de Ligue 1 avec vingt-cinq réalisations. Juste avant la fin du match, moment de frisson sur la sortie de Yohan Cabaye, dont on comprend bien l’intention (85’). C’est fini.

 

Les Lillois remportent une vingt-et-unième rencontre cette saison et peuvent fêter leur sacre. L'Hexagaol est à eux, bravo Messieurs ! Et à la saison prochaine…