Pascal, bonjour. Comment un garçon né à Lens se révèle-t-il au LOSC ?
Je suis seulement né à Lens. Mes parents avaient leur famille dans le Pas-de-Calais et s’y rendaient régulièrement. J’ai passé toute mon adolescence sur Villeneuve d’Ascq. Je suis plus Lillois que Lensois !

En 1996, tu signes un premier contrat pro au LOSC. À quoi ressemblait le club à cette époque ?
Il vivait une situation assez difficile au niveau sportif en jouant le maintien chaque saison en D1. Je suis arrivé en 1995, en tant que stagiaire, dans un contexte assez tendu. Mais pour moi qui n’avais évolué qu’en National 2 à l’époque, c’était quelque chose d’extraordinaire. Ce n’était pas évident puisqu’il fallait créer une équipe compétitive pour se maintenir et ne pas vivre une nouvelle saison compliquée. Ce fut un apprentissage compliqué mais très enrichissant pour la suite de ma carrière en pro.

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Malgré ces efforts, le LOSC est relégué en mai 1997. Comment avez-vous vécu cette déception ?
On avait peur ! On se demandait comment le club allait gérer cette crise. Pour notre première saison en Division 2, on a échoué à une marche du podium et tout s’est aggravé l’année suivante. L’exercice 1998-1999 a mal débuté. On s’est retrouvé dans une mauvaise posture jusqu’à ce que Vahid Halilhodzic arrive en septembre 1998… Grâce à son travail et ses méthodes, il est parvenu à redresser la situation. Le coach mettait beaucoup de rigueur aux entraînements. Il nous bougeait vraiment. Puis petit à petit, l’équipe a été plus solide. Les résultats ont fini par s’enchaîner positivement.

« Sous l’ère Vahid, l’équipe marchait sur l’eau. »

Tu deviens l’un des hommes de base de ce groupe qui survole la Division 2, puis qui s’impose comme l’équipe surprise en D1 (3e en 2000-2001). Comment expliques-tu une telle progression ?
Je suis tout de même passé par une situation difficile puisque quand Vahid est arrivé, il a sanctionné quelqu’un d’entrée pour montrer son autorité, en quelque sorte. C’est tombé sur moi. À la mi-temps d’une rencontre je tentais de remotiver Olivier Pickeu et lorsque le coach est arrivé dans le vestiaire, il a pensé que je m’en prenais à lui. Il m’a alors sanctionné et écarté du groupe. Par "chance", nous n’avons pas remporté les deux matchs suivants. J’ai donc rapidement réintégré l’effectif mais son coup a marché puisqu’il a montré à tout le monde son autorité. On filait tous droit ! Sous l’ère Vahid, l’équipe marchait sur l’eau. 

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Il y a ensuite ce tour préliminaire de Champions League contre Parme en 2001. Vous imaginiez vous qualifier ?
L’équipe est partie à Parme en victime, car nous ne pensions vraiment pas réussir à obtenir un résultat face à l’armada parmesane. Il y avait dans cet effectif de grands joueurs comme Di Vaio, Thuram, Boghossian ou encore Crespo. Et contre toute attente, nous sommes parvenus à les surprendre à l’aller chez eux (0-2, 08/08/01), avant de perdre lors du retour, 0-1 (22/08/01). On s’est ainsi qualifié in extremis mais c’était une performance énorme.
 
Cette qualification est-elle l’un des plus beaux souvenir de ta carrière au LOSC ?
Oui et cela restera, même si j’en ai eu beaucoup d’autres ! Cela va de mon entrée dans le groupe pro en tant que stagiaire, au titre de D2 en 2000, en passant par les premiers matchs de Champions League en 2001… Et d’autant plus lorsqu’on a la chance de jouer une rencontre à Old Trafford contre Manchester United…

Merci à Pascal Cygan pour sa disponibilité.



PASCAL CYGAN
Né le 29 Avril 1974 à Lens
Défenseur central 

Clubs successifs : Wasquehal, LOSC (1995-2002), Arsenal (2002-2006), Villarreal (2006-2009), Carthagène (2006-2011)
Palmarès : Champion de Division 2 (2000), Vainqueur de la FA Cup (2003, 2005), Vainqueur de la Community Shield (2002, 2004), Champion de Premier League (2004)