L’attente - cinquante-six ans depuis la dernière finale du LOSC en Coupe de France - fut longue… très longue. À tel point que les supporters lillois ont investi les tribunes du Stade de France une bonne heure avant le coup d’envoi. L’ambiance côté Dogue est déjà à son paroxysme. De ce point de vue, le LOSC mène aux points ! Seulement, il y a la vérité du terrain, celle dont on ne peut échapper. Et la magie d’un tel événement. Car il faut le dire, on sent à travers cette finale PSG-LOSC, que la soirée réserve son lot d’émotions fortes. Bien sûr, les hommes de Rudi Garcia espèrent soulever le trophée, pour faire vibrer de sa plus belle note, la mythique enceinte dionysienne qui revêt pour l’occasion, un merveilleux costume de scène. Le coach nordiste a d’ailleurs décidé d’aligner une équipe quasi type, puisque seul Balmont, blessé, manque à l’appel. Il est remplacé par Gueye, brillant à Saint-Étienne mardi soir. La pression monte, la tension aussi. Les vingt-deux acteurs sont prêts à en découdre… Ce soir, il n’y peut y avoir qu’un seul vainqueur. C’est parti !

Le PSG et le LOSC au coude à coude

D’emblée, ce sont les Lillois qui impriment leur griffe sur la rencontre. Corner, coups franc, actions collectives vers les cages de Coupet, ça commence fort pour les Dogues dès les cinq premières minutes. Puis suit le contre nordiste : Gervinho déboule à toutes enjambées. À l’arrivée, sa passe pour Hazard seul au point de penalty est contrée (10’). Après ce démarrage en trombe, place au round d’observation. Ça se jauge, ça s’observe. Jusqu’à ce corner repris par Rami de la tête, juste au-dessus. Premier frisson… (16’) Le deuxième intervient sur un coup franc de Nenê, repoussé du genou par Landreau (19’). Les deux formations se tiennent. Mais un nouveau contre lillois se montre saignant : Gervinho pour Sow, la reprise du Sénégalais frise la transversale (23’). Derrière, la frappe de Gueye à la récupération d’un deuxième ballon manque le cadre (27’). À la demi-heure de jeu, les débats sont à l’équilibre, malgré une légère domination lilloise. Seule une tête de Makélélé largement au-dessus juste avant la pause vient avertir les Dogues (40’). Puis plus rien à signaler jusqu’à la mi-temps, chaque formation se tenant en échec.

Les deux équipes se tiennent en respect

S’en suit la deuxième période, après un mano à mano ultraserré. Comme ce fut le cas en fin de mi-temps précédente, les Parisiens appuient leur impact dans les duels. Du coup, la domination bascule de camp. La sanction est immédiate : Hoarau met Landreau à contribution, d’une frappe enroulée du droit (56’), tout comme Nenê sur le corner qui en découle (57’). Le portier du Nord tient le choc ! Les Dogues entreprennent toujours en contre : Gervinho sert Cabaye, son tir n’est pas assez puissant (60’). C’est le réveil lillois, après un quart d’heure assez difficile. L’orage passé, ils reprennent les affaires en main. Et se font surprendre à leur tour en contre ! Erding déborde sur la droite, Hoarau ouvre trop son pied à l’arrivée du centre. (75’). Ça y est, les Parisiens poussent ! Landreau y va même de sa parade main ferme devant Chantôme (77’). Le temps défile à une vitesse astronomique, on entre déjà dans les dix dernières minutes du temps réglementaire.

 

Et d’Obraniak vient la lumière !

Forcément, chaque action offre son pesant d’or. Celle qui fera mouche, sera victorieuse. Comme ce corner d’Obraniak sur la tête de Debuchy qu’on croit rentrer… et qui fuit les cages (85’). Ou ce ballon qui ne veut pas terminer dans les filets, après une reprise du crâne de De Melo (86’). L’entrée en jeu du Brésilien (61’) est d’ailleurs à mettre à l’honneur (86’). Tout comme celle du Polonais, Obraniak. Oui, car c’est lui qui distille un formidable coup franc de la droite, qui vient se loger directement dans la lucarne de Coupet (0-1, 89’). Un coup de grâce somptueux qui met le LOSC en position idyllique ! Il ne reste alors que quatre minutes à tenir se dit-on. Mais Gervinho trouve encore de la force de percer et de forcer la faute sur lui dans la surface. Penalty ! Debuchy s’en charge, parade de Coupet (90+2’). On n’en finit plus de souffrir dans le temps additionnel, l’émotion est à son paroxysme ! M. Turpin libère finalement tout le monde.

Cinquante-six ans après, le LOSC remporte la Coupe de France au terme d’une partie extrêmement indécise jusqu’au bout (0-1). Le Stade de France côté lillois peut tranquillement fêter ses héros. Les Dogues l’ont fait !