Stéphane, bonjour. Tout d’abord, comment vas-tu ?
Très bien, merci, je m’adapte à ma nouvelle vie sur la Côte d’Azur. Ce n’est jamais évident de traverser toute la France, mais j’ai été parfaitement accueilli, cela a facilité les choses. Le cadre de vie est somptueux, tout se passe pour le mieux.

Côté terrain, quelles furent tes premières impressions en débarquant à l’AS Monaco ?
Là aussi, j’ai reçu un super accueil. Et côté sportif, j’ai été agréablement surpris par la qualité individuelle des joueurs, notamment des plus jeunes. Il y a véritablement un mixte entre l’expérience et la jeunesse dans ce groupe. C’est intéressant. L’AS Monaco reste un club mythique du football français qui a envie de vite retrouver l’élite. Collectivement, nous avons à cœur de réaliser une belle saison. À titre plus personnel, je souhaite m’épanouir, tout simplement.

As-tu pu déjà mesurer le niveau de la Ligue 2 ?
La saison vient de débuter, mais j’ai déjà pu me rendre compte que ça jouait plutôt bien au ballon. Et puis ce championnat est composé de plusieurs grosses cylindrées qui font figure d’anciennes gloires de Ligue 1. Je pense à Monaco, mais aussi à Lens, Nantes, Sedan, Bastia ou encore Metz. La présence de ces clubs tend à hausser le niveau. C’est de bon augure pour le spectacle, même si on sait que ce ne sera pas simple.

Replongeons 19 ans en arrière, lorsque tu débarques au LOSC à l’âge de 10 ans. T’en souviens-tu ?
Bien sûr, comment l’oublier ? Je garde une image forte en tête, celle de mon premier entrainement au stade Max, sur le terrain en schiste rouge situé en face de Grimonprez-Jooris. Notre éducateur était le père de Stéphane Noro. En y repensant je me rends compte à quelle point la progression du club a été fulgurante. Il y a 19 ans, tout le monde se partageait un terrain, tandis qu’aujourd’hui, il y a le Domaine de Luchin, sans parler du Grand Stade à venir. Je suis fier d’avoir pu vivre cette évolution en même temps que celle de ma carrière.

« Je devais être encore dans le ventre de ma mère que je venais déjà au stade. À partir de là, il n’a pas été difficile pour moi de reprendre le flambeau du supporter lillois. »

Avant d’en porter le maillot, tu étais avant tout un fervent supporter du LOSC, n’est ce pas ?
Ah, ça oui ! Chez moi, c’est quelque chose qui se vit en famille. Mon père a toujours été un grand fan du LOSC, il allait déjà voir les matchs du temps d’Henri Jooris. Je devais être encore dans le ventre de ma mère que je venais déjà au stade. À partir de là, il n’a pas été difficile pour moi de reprendre le flambeau du supporter lillois.

En arrivant au LOSC, imaginais-tu un jour pouvoir en porter le maillot chez les pros ?
Non, à l’âge de 10 ans on n’y pense pas, on en rêve, tout simplement. Cette perspective ne vient qu’au fur et à mesure des années. Plus on avance et plus on se dit "peut être que". Et puis un jour…

Pour toi, tout commence le 13 septembre 2003. Tu nous racontes ?
(il sourit) Je me dis que le football est parfois surprenant, puisque j’ai disputé mon premier match chez les pros à Grimonprez-Jooris contre Monaco, justement. En face, il y avait Evra, Rothen, Morientes, Adebayor et Giuly. À l’époque, j’étais loin d’imaginer que huit ans plus tard, j’évoluerai aux côtés de ce dernier (l’ancien joueur du Barça vient de s’engager avec l’ASM).

Cette saison 2003-2004 marque pour toi le commencement d’une grande aventure qui t’a notamment mené jusqu’à la Champions League…
Là encore, ce sont des moments inoubliables que tout footballeur rêve de vivre un jour. Signer pro est déjà quelque chose d’intense, mais jouer les premiers rôles en Ligue 1 et disputer la plus belle des compétitions européennes, qui plus est avec son club formateur dont on porte le brassard de capitaine, c’est juste exceptionnel. Qu’est ce que tu peux rêver de plus ? Un doublé Coupe-Championnat ? C’est ce qui est arrivé l’été dernier ! En quelque sorte, j’ai tout connu au LOSC.

Si tu ne devais en garder qu’un, quel souvenir conserverais-tu de ces années ?
Sans aucun doute l’image des supporters lillois au Stade de France. C’était magnifique, il n’y a pas d’autre mot.

As-tu le sentiment d’avoir quitté le club par la grande porte ?
(il réfléchit) Je ne sais pas, ce n’est pas à moi d’en juger. Pour moi, il était primordial de me poser les bonnes questions quant à la suite de ma carrière. Après, le fait que nous ayons réalisé quelque chose d’incroyable la saison dernière a sans doute favorisé cette réflexion. Entre temps, Monaco s’est positionné, j’ai donc fait le choix de me lancer ce nouveau challenge.

Non sans un pincement au cœur ?
Bien sûr. J’avoue même que je l’ai encore en regardant certains matchs du LOSC aujourd’hui. Le Trophée des Champions contre l’OM (4-5), par exemple. Je peux vous assurer que je n’avais qu’une seule envie : être sur le terrain avec les potes pour les aider. La déception de la défaite était grande, mais vu la qualité de jeu produite et le potentiel des nouveaux joueurs, je ne me fais pas de soucis, le LOSC va encore réaliser une grande saison.

Pour conclure, as-tu un petit mot pour les supporters lillois ?
J’aimerais les remercier pour leur soutien pendant toutes ces longues années. J’espère avoir été digne de ce maillot. En tout cas, je l’ai toujours porté avec une grande fierté. Quoi qu’il en soit, je serai toujours reconnaissant vis-à-vis du club et des supporters. Je leur dit à bientôt. Eclatez-vous et continuez à supporter votre équipe comme vous savez si bien le faire. Vous n’avez plus beaucoup de temps à attendre avant d’entrer dans le Grand Stade.

Merci beaucoup Stéphane Dumont et bonne saison à l’AS Monaco.