Il y a 40 ans, Jean Baratte nous quittait
Idole du football lillois et grande figure du football français, Jean Baratte est décédé il y a 40 ans, le 1er juillet 1986. Rendons aujourd’hui hommage à celui qui est aujourd’hui encore le meilleur buteur de l’histoire du LOSC, avec 224 buts, toutes compétitions confondues.
À chaque grand roman son grand personnage. À la fois besogneux et charismatique. Accessible et mystique. Talentueux et atypique. Au LOSC, le premier héros populaire est un gamin du cru, un Lambersartois pur jus. Né le 7 juin 1923, Jean Baratte a use ses semelles sur les paves lillois, de l’avenue de l’Hippodrome au stade Guy-Lefort en face duquel ses parents tiennent La Laiterie, une célèbre guinguette, aujourd’hui devenue restaurant gastronomique. C’est là que "Jeannot" débute le foot sous le maillot de l’Olympique Iris Club lillois (fusion de l’OL et de l’Iris de Lambersart). Il y dévoile un formidable et précoce talent de buteur. Pendant l’Occupation, le p’tit Lillois – également champion de tennis et passionne de plusieurs sports – se révèle sous la bannière de l’éphémère (mais charnière) équipe fédérale Lille-Flandres en 1943-44. Les bases du futur LOSC sont posées et c’est tout naturellement qu’il enfile a partir de 1944 la tunique des Dogues, mais aussi celle de l’équipe de France, qu’il honorera à 32 reprises (19 buts) à partir de ses 21 ans. Sa progression est foudroyante ! Fer de lance d’un LOSC qui survole l’immédiat après-guerre, Jean est alors l’un des attaquants les plus performants d’Europe. Meilleur buteur du championnat de France en 1948 (31 buts), puis en 1949 (26 buts), il remporte le championnat de France en 1946, et soulève la Coupe de France par quatre fois (1946, 1947, 1948 et 1953), au détour de six finales ! Aucun homme ne fait mieux dans l’histoire du club.
Mais au fait, le style Baratte, c’est quoi ? De remarquables qualités d’attaquant, d’abord : une grande vitesse, une lourde frappe (des deux pieds) et un très bon jeu de tête. Mentalement, Jean Baratte incarne aussi toutes les valeurs du Dogue. Infatigable et généreux dans l’effort, il ne lâche jamais rien sur le terrain et déteste la défaite. Un tempérament de battant qui forge un peu plus la légende des joueurs lillois accrocheurs au-dessus desquels il s’élève incontestablement en chef de meute. Il hérite naturellement du brassard de capitaine de son équipe (tout comme celui de l’équipe de France, a douze reprises). Des lors, un surnom lui colle à la peau et ne le quittera plus : « Capitaine courageux ».
Sa notoriété dépasse les frontières lilloises. En 1953, il est sacre "footballeur le plus populaire de France" par l’hebdomadaire France Football. C’est l’apogée de sa carrière. Son chant du cygne, aussi, hélas. À l’été 1953, les dirigeants lillois recrutent l’attaquant angevin Jean-Paul Derousseau, qui réalise un prolifique début de saison. "Jeannot" est pousse sur le banc. Pique, il claque la porte et signe à Aix-en-Provence qui ne payera d’ailleurs jamais au LOSC les 10 millions de francs de transfert pourtant promis. Il n’y reste que 18 mois, avant de remonter dans le Nord, au CO Roubaix-Tourcoing. En 1956, le LOSC est relégué en deuxième division. Baratte, 33 ans, se lance un dernier défi : remettre son club de toujours à sa place, parmi l’élite. Il y parvient en une saison, avant de raccrocher les crampons a l’été 1957. Son histoire losciste n’est pourtant pas terminée. Devenu entraineur dans plusieurs clubs du Nord et de Belgique, il tente à nouveau de relever le défi de la remontée, entre 1961 et 1962. Sans succès cette fois. Comme ses parents, il deviendra ensuite restaurateur, mais aussi cafetier et hôtelier avant de nous quitter le 1er juillet 1986 a 63 ans. Il est aujourd’hui encore le joueur lillois le plus titré, le meilleur buteur (221 buts) et sans doute la plus grande icone de toute l’histoire du LOSC.
