Frédéric, bonjour et bienvenu au LOSC. Vous venez de découvrir le Domaine de Luchin, votre premier sentiment ?
Je viens de faire cette visite avec mon fidèle adjoint, Jean-Marie De Zerbi, qui m'accompagne depuis vingt-cinq ans et qui a décidé de continuer à me supporter (rires). Le LOSC dispose d’un outil de travail formidable. Je suis très agréablement surpris, tout a été bien pensé, avec des conditions de travail vraiment exceptionnelles.

Pourquoi avoir choisi de relever ce défi avec les Dogues ?
La première chose est que Lille représente à mes yeux l’un des meilleurs clubs français, même si aujourd’hui, il existe des difficultés sportives avec cette crise de résultats. C’est pour cette raison que je suis là (sourire), il ne faut pas se mentir. Mais le LOSC reste une place forte du football français. C’est donc à ce titre que je relève le défi.

Par deux fois dans votre carrière, vous aviez pris des clubs (Bastia et ASSE) en cours de saison et à chaque fois, vous les avez sortis de la zone rouge…
À Bastia, la situation était différente, car le club avait misé sur une solution interne en me nommant au sein de l’équipe première alors que je m’occupais du centre de formation. Une solution provisoire qui a duré longtemps. À Saint-Étienne, la situation était quasi similaire à celle d’aujourd’hui, même si le club était en Ligue 2  et relégable quand je suis arrivé. Voilà, ici, le club est à la dix-septième place de l’élite…

Quel regard portez-vous sur cette équipe lilloise ?
Depuis que je suis en relation avec le LOSC, j’ai visionné huit matchs, même si cela a été très court et rapide. Il n’y a pas une mais plusieurs raisons à cette situation, parfois, c’est de la malchance, parfois de la maladresse... Il faut trouver la bonne formule qui va faire en sorte que les joueurs soient dans les meilleures dispositions pour en tirer le maximum. Le premier grand défi est celui-là.

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Quel fonctionnement allez-vous mettre en place ?
Comment va-t-on jouer ? En 4-4-2, ou 4-2-3-1, avec un milieu en losange ou dans un autre système… J’ai déjà des petites idées, la suite de ma réflexion viendra lors des entraînements. Je regarderai aussi d’ici samedi les matchs que je n’ai pas encore eu le temps de visionner. J’ai besoin d’un maximum d’informations dans un minimum de temps. Je vais également discuter avec Jean-Michel (Vandamme), le staff technique, le médical. L’état d’urgence, c’est ça.

D’autant que dans cinq jours, un déplacement à Angers se profile à l’horizon…
Je vais analyser les quatorze premières journées, le match de Coupe de la Ligue. On a cinq entraînements avant ce premier match. Le délai est court mais il faut s’adapter et aller très vite. Le but est de trouver un équilibre car ce groupe vaut beaucoup mieux que son classement actuel. C’est une évidence. Je dois tirer le maximum de cet effectif. Ma vie était au ralenti et depuis hier soir, ça s’est accéléré. Mon mot d’ordre désormais, c’est travail, travail et travail.

Avec votre expérience (509 matchs de L1), ce recul, cette fraîcheur, comment définiriez-vous le Frédéric Antonetti d’aujourd’hui qui s’apprête à relever ce nouveau challenge ?
J’aurais pu reprendre avant. Dès fois, c’est arrivé trop tôt ou pas au bon moment. Quand la proposition du Président Seydoux s’est présentée… Le LOSC est une place forte de notre football. Et en les regardant jouer, je me suis dit qu’il y avait moyen de faire quelque chose d’intéressant. Mes deux années d’inactivité m’ont permis de réfléchir. Si cela avait été durant ma première année de relâche, j’en aurais été incapable car il a fallu que je digère mes vingt ans de professionnalisme. Depuis, je me suis refait une santé. J’ai plein d’énergie et d’enthousiasme. J’espère qu’avec ces ingrédients et mon expérience, on réussira tous ensemble ce challenge.  

Pour finir, vous quittez la Corse pour le Nord, le climat ne sera pas le même…
Si cela n’avait pas été un club comme le LOSC, je n’aurais pas fait cette traversée. Le Nord est une région où le travail est l’atout numéro un. Ça me va très bien. C’est l’attrait de ce club, les discussions avec le Président et Jean-Michel Vandamme qui m’ont convaincu de relever ce défi. Le LOSC reste ambitieux, on va procéder étape par étape, en essayant déjà de sortir de cette zone dangereuse pour que la confiance revienne. La suite viendra quand on sera dans des eaux plus calmes.

Un grand merci à Frédéric Antonetti pour sa disponibilité.