Quand on grandit - comme lui - dans les années 40 et que l’on rend régulièrement visite à son grand-père belge installé dans les Flandres, difficile de passer à côté du LOSC, véritable phénomène sportif de l’époque dans l’Hexagone. En dominant le championnat à deux reprises (1946 et 1954) et en remportant la Coupe de France par cinq fois (1946, 1947, 1948, 1953, 1955) au détour de sept finales (dont cinq consécutives), le club nordiste a littéralement passionné le jeune Jacques Delors. « J’ai découvert l’Olympique Lillois (devenu plus tard le LOSC) en 1936 lorsque mon oncle m’apportait "L’Auto", le quotidien sportif de référence à l’époque. Je me suis épris pour ce club que je n’ai plus quitté depuis », rapporte celui qui deviendra plus tard Ministre de l’Economie et des Finances (1981-1984).

Présent à Colombes pour les cinq finales

Quand il se rappelle de cette légendaire épopée lilloise, le père de Martine Aubry, l’actuelle maire de Lille et Présidente de LMCU (Lille Métropole Communauté Urbaine), ne peut s’empêcher de se souvenir de la Coupe de France, compétition prestigieuse dont il admirait chaque année l’apothéose au stade de Colombes. « J’ai assisté aux cinq finales consécutives du LOSC (de 1945 à 1949), précise-t-il, pas peu fier. Nous en avons remporté trois et je me souviens avoir été très déçu des deux autres perdues contre le Racing Club de Paris (3-0 en 1945 et 5-2 en 1949). Car même si elle savait aussi briller en championnat, l’écurie lilloise était une véritable équipe de coupe. Je vouais une admiration sans bornes pour les Darui, Vandooren, Cheuva... Mais mon joueur préféré était sans conteste Jules Bigot. »
 

Les valeurs du Nord au cœur

Témoin des glorieuses années lilloises, l’ancien Président de la Commission Européenne (1985-1995) n’a pas manquer de constater la progressive et spectaculaire transformation du club à travers les décennies. « Michel Seydoux mène un projet sportif de longue haleine avec rigueur et discrétion. Sa gestion du club est très saine et son équipe a beaucoup de cœur. Bien que le style de jeu soit différent de celui de l’après-guerre, le LOSC a conservé toutes les valeurs du Nord : la solidarité et l’esprit d’équipe, sans oublier de brillantes individualités ». Et si l’histoire était finalement un éternel recommencement ?

Retrouvez l’intégralité de l’interview de Jacques Delors sur LOSC TV.