Yohan, bonjour. Nous sommes heureux d’avoir de tes nouvelles. Comment se déroule ton adaptation à la vie anglaise ?
Très bien, merci. J’ai eu la chance de rapidement trouver ma maison lors de ma première venue pour la visite médicale. J’ai donc pu partir en vacances l’esprit tranquille en sachant que je m’y sentirai vite comme chez moi. Tout se passe pour le mieux avec les autres joueurs, j’ai été remarquablement accueilli. Sachant que je ne suis pas encore totalement anglophone, ils font l’effort de parler lentement pour que je puisse comprendre. Je commence à prendre mes marques.

Quelles furent tes impressions en arrivant à Newcastle ?
La première image, c’est le stade. On ne voit que lui quand on arrive puisqu’il se situe en pleine ville. Les gens ne vivent que pour le football. Partout où tu vas, on porte le maillot de Newcastle. C’est impressionnant ! Ce club jouit d’une grande notoriété car il possède un passé prestigieux. Par exemple, lors de l’un de nos premiers matchs amicaux contre une équipe de cinquième division, il y avait 9 000 personnes au stade dont 6 000 fans des Magpies.

Côté jeu, as-tu déjà perçu des différences avec le football français ?
Ce n’est pas du tout pareil dans l’intensité, notamment aux entraînements. Je le remarque de jour en jour. Il faut vite se mettre au diapason, sinon on peut souffrir. L’équipe possède de bons joueurs qui cherchent à tout prix à monopoliser le cuir par une importante possession de balle. Je m’y sens bien, d’autant qu’il y a plusieurs Français dans le groupe (Hatem Ben Arfa, Sylvain Marveaux…)

« Quoi qu’il arrive, je resterai le premier supporter du LOSC. C’est mon club, ça ne changera jamais. »

 

Quelles sont les prochaines échéances ?
Nous sortons d’une défaite contre Leeds (3-2) en match de préparation. Samedi, nous recevons la Fiorentina pour notre dernière rencontre amicale. Le championnat reprend le 13 août par la réception d’Arsenal à St James’ Park. On enchaine ensuite par le derby à Sunderland. Les supporters ne cessent de répéter qu’on peut tout perdre sauf ce rendez-vous-là, un peu comme les LOSC-RC Lens. Question ambiance, il parait que c’est un truc de fou !

Revenons sur tes années lilloises. Quel est le premier souvenir qui te revient en tête quand on te parle du LOSC ?
(il souffle) Il y en a tellement. Je dirais mon premier match à Nîmes contre Istres (victoire 0-2, le 7 novembre 2004), car c’est là que tout a commencé pour moi chez les pros. J’ai été lancé dans le grand bain, il fallait s’en sortir coûte que coûte. Cela m’a permis d’enchainer et d’arriver jusqu’où j’en suis aujourd’hui.

Y a-t-il une image pour résumé ces sept saisons chez les Dogues ?
(sans hésiter) Les deux titres, ça me semble incontournable. En tant que footballeur, on ne peut pas vivre mieux que ça. Ce souvenir restera gravé en moi à jamais. Dans 20 ans, on sait que les supporters parleront encore de cette équipe lillois version 2010-2011. Ce sont des choses qui ne s’oublieront pas.

As-tu ressenti un pincement au cœur au moment de quitter le LOSC ?
(il sourit) Je vais être franc, c’était dur, surtout lors de la dernière contre Rennes (3-2). J’ai ressenti une vive émotion au moment de ma sortie, puis de la remise du trophée et du tour d’honneur. Je me suis dit : « ça y est, tout est fini ! » Mais ainsi va le football. Note métier est particulier, il demande parfois du changement pour pouvoir évoluer et grandir. En Angleterre, je vais découvrir une autre culture, une autre vie.

Pour conclure, as-tu un mot à glisser aux supporters ?
Merci beaucoup, du fond du cœur. Ils ont toujours été exceptionnels et j’ai été très fier d’avoir pu leur offrir ces titres avec toute l’équipe. J’espère sincèrement qu’ils vivront d’autres moments aussi forts. Quoi qu’il arrive, je resterai le premier supporter du LOSC. C’est mon club, ça ne changera jamais. Je me suis d’ailleurs abonné aux chaînes françaises pour ne rien manquer de la saison à venir.

Merci Yohan Cabaye et bonne saison chez les Magpies.