Formation

Jean-Michel Vandamme : "C'est un bilan positif"

Alors que les U17 joueront leur finale de championnat de France, ce samedi, le Manager Général du centre de formation du LOSC, Jean-Michel Vandamme dresse le bilan 2023-2024 de la jeunesse lilloise. Entretien.

Jean-Michel, la saison est quasiment terminée pour la formation lilloise, ne reste que les U17 qui disputeront la finale nationale, ce samedi, à Brive. Quel bilan en tirez-vous ?

Pour moi, c’est un bilan positif. Dans la continuité de ce que nous avons toujours souhaité mettre en place au niveau de la formation au LOSC depuis mon arrivée, il y a 3 ans. L’objectif principal, comme je l’ai déjà dit, est de former des joueurs afin qu’ils puissent intégrer le groupe professionnel. Quand je vois où en sont Leny Yoro, Lucas Chevalier ou encore plus récemment Ayyoub Bouaddi, on ne peut qu’être satisfait considérant que depuis 5 ans, aucun joueur issu de la formation lilloise n’était parvenu à rejoindre les professionnels. D’un point de vue sportif, c’est également une satisfaction. La réserve termine deuxième de National 3, les U19 ont atteint les quarts de finale du Championnat de France et les U17 joueront leur finale le 15 juin prochain. Le bilan est aussi positif car nous avons créé une véritable dynamique de groupe avec les formateurs. Collectivement, il y a des choses très cohérentes qui se dégagent et qui nous amènent à approcher les exigences du haut niveau. C’est le travail de tout un club et d’ailleurs j’en profite pour remercier tous mes collaborateurs qui, au quotidien, font un super travail. Le mérite leur revient.

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La saison dernière, la réserve s’était sauvée in-extremis de la relégation. Cette saison, elle termine deuxième de National 3. Comment expliquer cela ?

Même si on ne fait pas une priorité des résultats, il est vrai que la saison 2022-2023 avait été compliquée. Nous avions été en difficulté avec la réserve jusqu’à la dernière journée. Nous avons donc décidé cette saison de rééquilibrer les choses de manière à ne pas revivre cette situation. Nous avons tiré des enseignements de la saison précédente. La réussite vient du fait que nous avons de bons joueurs et que nous avons, tous, au quotidien, très bien travaillé. Ces bons résultats amènent beaucoup de sérénité.

Un mot sur la saison des U19 et des U17 ?

La formation est un travail cyclique. La première année est parfois difficile. La seconde, les choses commencent à bien se mettre en place et la troisième, nous y sommes, les joueurs ont une maturité plus grande, ce qui entraîne de la réussite et des résultats. C’est le cas notamment cette saison avec l’équipe réserve, très jeune, composée sur quasiment chaque match de 80% de joueurs U19. Nous n’avons pas été champions de France U19 cette saison, mais si nous avions pu jouer avec nos U19, je pense que nous aurions pu faire quelque chose en playoff… Mais dans le même temps, nous jouions la montée avec la réserve, avec ces mêmes joueurs. Au LOSC, nous jouons tout le temps en décalage. Cela fait partie de notre ADN. Des U19 jouent avec la réserve, des U17 avec les U19 et ainsi de suite. Toutes nos équipes n’évoluent pas dans leur véritable catégorie d’âge, mais dans une catégorie supérieure. Nous nous sommes donc habitués à la difficulté.

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Il y a 3 ans, le centre de formation du LOSC était positionné 24ème au classement national. L’année dernière, le LOSC était à la 6ème place (en attente du classement de cette saison). Est-ce une satisfaction pour vous ?

Effectivement, cela est un indicateur de performance et de réussite de la formation lilloise, donc oui nous sommes contents de cette progression. Mais de mon côté, je n’en fais pas une obsession. Il faut bien prendre en compte les critères qui déterminent ce classement : la professionnalisation (nombre de contrats professionnels signés), le temps de jeu au sein de l’équipe première du club formateur, les sélections nationales (représentation des joueurs en compétitions internationales), la scolarité (diplômes obtenus) et la représentation européenne. J’aimerais que le nombre de points soit essentiellement consacré au critère du temps de jeu au sein de l’équipe première. Si on considère seulement ce critère, avant mon arrivée, le LOSC avait 0 point puisqu’aucun jeune ne jouait avec les professionnels. On ne pouvait donc que s’améliorer d’un point de vue comptable et donc grimper au classement. Cette progression est à mettre au crédit de tous les formateurs et salariés qui travaillent au LOSC ainsi qu’au Président Olivier Létang qui, il y a 3 ans, a fait appel à moi afin de piloter le projet de formation, que lui-même avait préconisé.

L’éclosion de Leny Yoro, Ayyoub Bouaddi ou encore Lucas Chevalier sont des symboles de la réussite de la formation. Faut-il s’attendre à d’autres profils de ce type ces prochaines années ?

Vous savez, pour atteindre le monde professionnel, il faut être empreint d’une grande maturité mentale et physique. Par moment, nous avons des jeunes qui ont le physique mais pas le mental. Et inversement. Évidemment le club a tout mis en œuvre pour permettre à des garçons comme Leny, Ayyoub ou Lucas d’accéder au monde professionnel. Mais sans la vigilance accrue dans le développement et dans le recrutement de l’équipe professionnelle du Président Olivier Létang, peu de jeunes auraient la possibilité d’accéder à l’équipe professionnelle. Aussi, il faut également rappeler que, dans un premier temps, c’est la qualité de la matière première de ces joueurs qui leur permet d’arriver au LOSC. Leur talent. Il y a une belle promotion qui arrive. Donc oui, dans les prochaines saisons, on espère voir des destins à la Leny Yoro, Ayyoub Bouaddi ou Lucas Chevalier.

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Comment prépare-t-on une saison quand on est Manager Général d’un centre de formation professionnel ?

Et bien je vais travailler ! (sourire) Avec mes collaborateurs nous allons d’abord nous pencher sur la reprise de la saison, travailler sur le recrutement – un rééquilibrage des effectifs dont je parlais plus tôt – faire les bilans des formateurs et gérer les potentiels départs.

Quels sont les objectifs pour la saison prochaine côté formation ?

L’objectif reste toujours le même, à savoir le nombre de jeunes que nous allons pouvoir « livrer » au groupe professionnel. Je souhaite également, d’un point de vue RH, que les éducateurs puissent continuer à s’épanouir, guidés par des objectifs bien précis et une dynamique de groupe importante, nécessaire pour provoquer la réussite. On ne peut pas être dans un club comme le LOSC sans un état d’esprit de constante progression, d’exigence et de développement.

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