Quelles sont les chances de qualification quand on joue contre le champion de France en titre et que celui-ci a assez largement remporté la victoire au match aller ? Certes, l’histoire récente du Paris Saint-Germain pourrait nous laisser croire qu’il s’agit d’un résultat très encourageant, mais ça n’est pas forcément le raisonnement que nous avions le 8 mars 1985 après la victoire de Bordeaux sur le LOSC (3-1) à l’occasion des seizièmes de finale aller de la Coupe de France.

Avant ce match retour du 12 mars, les Dogues sont en tout cas agacés : ils ont encore en travers de la gorge les propos du staff de leur adversaire aquitain qui a qualifié les joueurs du LOSC de « rugbymen » afin de stigmatiser leur manque de technique et la brutalité de leur jeu. Et, comme chacun sait, sauf peut-être alors les Bordelais, il est généralement déconseillé d’énerver un dogue si l’on souhaite éviter tout fâcheux imprévu.

Dans un stade Grimonprez-Jooris plein à craquer, les minces chances de qualification lilloises se réduisent encore quand Michel Audrain ouvre le score pour les visiteurs (0-1). Ça semble bel et bien mort pour nos joueurs quand, après le coup-franc égalisateur de Stéphane Plancque (34è), l’espoir renaît (Girard, qui est justement absent côté bordelais). Le public se met à y croire et il y croit de plus en plus quand Primorac donne l’avantage aux Lillois sur un coup-franc venu de la droite de Pascal Plancque (56è) puis quand Pascal Guion remet les équipes à égalité suite à un débordement côté gauche (58è). Après une dernière frappe de Luc Courson sur la barre, les deux équipes doivent disputer les prolongations pour se départager.



Mais il était dit que, dans cette ambiance de folie, la victoire ne pouvait pas échapper aux dogues. Dès la reprise, Primorac donnait l’avantage aux siens suite à un corner de P.Plancque (92è). A deux minutes du terme des prolongations, c’est encore Pascal Plancque qui déborde côté gauche et centre à ras de terre pour Savic qui enterre définitivement les espoirs bordelais (5-1, 118è). Le public s’était préparé à envahir le terrain au coup de sifflet final. Avec ce dernier but, il met plus rapidement son projet à exécution et, en quelques secondes, des centaines de supporters se retrouvent sur la pelouse pour fêter leurs héros.

Le match est télévisé et les commentateurs ont pris fait et cause pour les dogues. « Le public et les forces de l’ordre qui envahissent le terrain ! » hurle l’un d’eux. « Charly Samoy sans sa casquette ! » ajoute-t-il, cette observation visant vraisemblablement à étayer le caractère surréaliste de la scène.

Les Lillois poursuivront leur étonnant parcours, éliminant le FC Rouen (2-1, 0-0), l’AS Saint-Etienne (0-1, 2-0), pour ensuite céder en demi-finales contre l’AS Monaco (0-2, 1-0). Ce 1er juin, les joueurs peuvent enfin se couper la barbe que, deux mois et demi plus tôt, ils avaient décidé de laisser pousser jusqu’à leur élimination.

Pour aller plus loin sur ce match mythique de l'Histoire du LOSC. Découvrez les témoignages des acteurs de l'époque.

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Revivez la série "Le jour où"

Episode 1 - Le jour où le toit d'Henri-Jooris s'est effondré
Episode 2 - Le jour où la barre transversalle a cédé
Episode 3 - Le jour où le courant s'est coupé face au PSG
Episode 4 - Le jour où l'OM n'est pas venu
Episode 5 - Le jour où LOSC-PSG a été interrompu à cause de la pluie
Episode 6 - Le jour où les débuts européens du LOSC furent reportés
Episode 7 - Le jour où LOSC-Lorient donna une avalanche de buts